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En prévision du sommet européen de Bruxelles, le chef de l’Etat français a reçu hier le Premier ministre britannique. Entre la question de la PAC et celle de la « ristourne » dont bénéficie Londres, les deux hommes se sont quittés sur un profond désaccord quant au budget de l’UE
Rira bien qui rira le dernier ? (Photo : AFP)
Après avoir vu la semaine dernière son grand ami Gerhard Schröder, Jacques Chirac a reçu Tony Blair hier à l’Elysée. En prélude au sommet européen qui se déroulera demain et vendredi à Bruxelles, les deux hommes se sont, comme on pouvait le prévoir, opposés sur la question du budget de l’Union. Ce sont pourtant toutes les finances européennes pour la période 2007-2013 qui seront sur la table des négociations jeudi.
Depuis plusieurs jours, Jacques Chirac répétait à l’envi que la Grande-Bretagne devrait faire « un geste » pour que les finances de l'UE deviennent « équitables ». Le gouvernement d’outre-Manche devrait pour cela renoncer au rabais sur sa contribution au budget européen dont elle bénéficie depuis 1984. Margaret Thatcher, alors Premier ministre, avait obtenu cette « ristourne » de ses partenaires en invoquant le retard économique britannique de l’époque. La Dame de fer avait également mis en avant avec pertinence que son pays profitait peu des largesses européennes en matière agricole. En 2004, le rabais a représenté environ 5,3 milliards d'euros.
40% du budget européen pour 2% des emplois
Aujourd’hui encore, la politique agricole commune (PAC) est l’argument choc de Tony Blair en riposte aux demandes conjuguées de Chirac et Schröder de mettre un terme à la « ristourne ». Le Premier ministre travailliste a conditionné la remise en cause du statu quo sur sa ristourne à une révision de la PAC, qu’il a frontalement attaquée : « Il y a un problème quand l'Union européenne décide d'engloutir 40% de son budget dans un secteur qui représente 2% des emplois ».
Sur le sujet sensible de la politique agricole, Jacques Chirac n’a lui non plus jamais rien voulu lâcher pour « nos paysans » français. C’est grâce à cette fermeté, déplacée ou non, que le président avait obtenu en 2002 un accord sur la PAC très favorable à la France, qui doit courir jusqu’en 2013 et n’est pas censé être au programme au sommet de Bruxelles.
Selon le Premier ministre britannique, le Président français et lui sont en « désaccord aigu ». Il a opposé à Jacques Chirac une fin de non recevoir et a expliqué qu’il serait « difficile » de trouver un terrain d’entente. Blair, qui n’a l’appui d’aucun des Etats membres, avait auparavant menacé d’utiliser son droit de veto si on cherchait à lui supprimer son rabais au sommet.
Camille VAYSSETTES. (LPJ) 15 juin 2005
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