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Dans trois jours les Français feront leur choix pour les cinq prochaines années. Depuis trois mois, Lepetitjournal.com de Madrid couvre l’évènement depuis la Péninsule. Aujourd’hui, à J-3 et après le grand débat entre les deux finalistes, LPJ donne la parole aux jeunes militants madrilènes. Trois questions à Emma et
Emma, 28 ans, militante PS Pourquoi et comment fait-on du militantisme en Espagne ? Je vis ici depuis trois ans et je suis architecte. J’ai pris ma carte au PS par Internet, au moment de l’investiture du candidat socialiste. Je fais donc partie de la nouvelle génération des militants. Je ne pensais pas rejoindre une section, mais on m’a proposé d’intégrer celle de Madrid, et je me suis dit "pourquoi pas?". Cela peut paraître étrange de militer depuis l’étranger, mais pour moi cela a un sens : je milite pour ma famille, mes amis, et pour les générations à venir de mon pays d’origine. Comme nous ne sommes pas nombreux – une trentaine – c’est plus convivial et je me suis tout de suite sentie utile et plus concernée. Cela dit, on fait les choses à notre niveau. On distribue quelques tracts dans le quartier français, on fonctionne beaucoup avec le bouche à oreille, mais notre principal terrain d’action est Internet. A travers nos trois sites, on sait qu’on ne touche pas que l’Espagne, et c’est encore plus motivant.
D’après vous, pourquoi Ségolène Royal doit-elle remporter l’élection ? Chez elle, il y a des choses que j’apprécie et d’autres que j’apprécie moins. Mais j’ai voté pour elle dès l’investiture. Je pense qu’elle est capable d’apporter le changement dont la France a besoin. Elle a inventé la démocratie participative. C’est quelque chose qui lui a été reprochée, mais elle a su être à l’écoute. Elle a donné la parole aux citoyens, leur a permis de s’exprimer et de verbaliser leurs problèmes. Et le fait qu’elle soit une femme, c’est un plus.
Que pensez-vous de sa stratégie ? Pour moi l’alliance avec François Bayrou n’est pas une bonne idée. Le candidat UDF n’est pas un leader, il a bénéficié de "l’effet centre" qui a permis aux électeurs de ne pas choisir. Or, le second tour sera un duel gauche-droite qui passe aussi par le "tout sauf Sarko". Les électeurs du centre devront accepter la bipolarité classique. Pour gagner, Ségolène Royal aura plus intérêt à se rapprocher des électeurs du centre que du parti et de son leader.
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Jean-Michel, 36 ans, militant UMP Pourquoi et comment fait-on du militantisme en Espagne ? Quand on vit depuis longtemps à l’étranger, moi je vis depuis 14 ans en Espagne. On ne coupe jamais vraiment les liens avec la France. Et ceci même si on est bien dans un pays, puisqu’on l’a choisi. Et quand tu vis dans un pays dynamique, en plein progrès économique comme l’Espagne, et que tu vois que ce n’est pas le cas dans ton pays, tu as envie de transmettre des idées venues d’ailleurs. Je trouve aussi que les Français de l’étranger sont parfois oubliés donc le militantisme est un moyen d’y remédier, pour qu’en France on pense à nous aussi. Par exemple sur le thème des frais de scolarité, qui sont beaucoup trop importants car aujourd’hui la situation des Français de l’étranger n’est plus la même. On ne vient plus toujours en contrat expat. En terme d’actions, cela peut passer par de la communication via Internet, par l’organisation de débats ou, dans le cas de la campagne, de la venue de Nicolas Sarkozy à Madrid.
D’après vous, pourquoi Nicolas Sarkozy doit-il remporter l’élection ? Parce que c’est le meilleur ! [rires]. Aujourd’hui la France est un peu paralysée, et pour moi, c’est le candidat le plus à même de faire des réformes au niveau économique et social. C’est celui qui a le programme le plus courageux, aussi parce qu’il sait dire non. Contrairement à Ségolène, qui va compter sur un électorat allant de l’extrême gauche au centre-droit. A mon avis La France pourra reprendre sa place de leader grâce à lui. En terme de mobilisation de leadership, je pense que Nicolas Sarkozy a plus de charisme que Madame Royal.
Que pensez-vous de sa stratégie ? Au niveau des Français de l’étranger, je crois que les votes ont été assez révélateurs. Beaucoup d’électeurs l’ont choisi. Cela tient, entre autres, aux promesses qu’ils a faites aux expatriés : la contention des frais de scolarité, la promesse de députés à l’étranger…En France, je crois que les gens qui ont voté François Bayrou sont les électeurs naturels de Sarkozy. Ils ont des divergences dans leurs programmes mais sur des points qui, pour moi, ne sont pas stratégiques. Donc j’espère que les votes centristes vont se reporter sur Nicolas Sarkozy. Sans faire un pas maintenant vers François Bayrou, c’est aux législatives que l’UMP pourra apporter plus de garanties à l’UDF sur sa représentativité. Propos recueillis par Caroline RODRIGUEZ et Laurence DANTHONY (www.lepetitjournal.com - Madrid) jeudi 3 mai 2007 Retrouvez notre dossier spécial Présidentielle |