Dans la station Júlio Prestes, la plus belle salle d’Amérique latine a rouvert ses portes pour une saison de concerts. L’orchestre symphonique de l’état de São Paulo, de retour après une tournée triomphale en Europe, reprend ses concerts dans "sa" salle pour le plus grand bonheur des Paulistas. Une expérience inoubliable
L’orchestre dans son écrinLa perfection musicale a un nom, une adresse. Pauvre celui qui la rate de si près. Parfait. C’est le mot qui vient à l’esprit quand on écoute un chef d’œuvre musical dans la salle São Paulo. Économie des gestes, précision des notes, le chef d’orchestre invité d’Autriche ce soir-là, Christoph Poppen, connaît son Mahler sur le bout de la baguette, comme s’il l’avait écrit. L’acoustique étudiée de ce haut-lieu international de la musique donne l’illusion que les notes ne sortent pas d’un instrument ou d’un haut parleur. Non, la salle est envahie par la musique, la musique n’est pas un ensemble de sons, elle EST la salle. La station Júlio Prestes qui abrite cette magie, a été construite entre 1925 et 1938 dans un style Louis XVI. Elle est née à l’époque du café. La station a été partiellement transformée en centre culturel. La salle SP, construite en 1997 est la pièce maîtresse. La gare est toujours active, bien que moins fréquentée. C’est le hall principal de la station ferroviaire qui a été transformé tout en préservant son architecture d’origine. Un plafond mobile donne la "souplesse acoustique" de la salle. Sa géométrie, la position de la scène, avec des places assises de chaque côté de l’orchestre, le design des sièges, l’absence de textiles, l’épaisseur du bois, même les colonnes (d’origine) respectent les règles de l’acoustique pour le plus grand bonheur de ses auditeurs. Des trains restent actifs dans la soirée, totalement inaudibles derrière une immense paroi de verre, qui sépare l’ antichambre de la salle de concert de la station elle-même.
Les violons de l'automne
Panache des lieux, impétuosité de la musique L’orchestre rentre d’une série de concerts en Europe, qui s’est conclue au théâtre du Chatelet à Paris. John Neschling le chef d’orchestre qui a porté l’OSESP au niveau international, reprend de la baguette. Quand il a repris la direction artistique de l’orchestre, il a exigé la construction d’une salle digne de ce nom, et la hausse des salaires (multipliés par 7 !) de ses musiciens. Depuis, il fait passer des auditions dans le monde entier, comme à Paris, en avril. L’année dernière, Neschling a repéré un prodige chinois de 16 ans, Chun Wang, à l’occasion d’un concours international. Ce soir et demain, Neschling conduira des œuvres de Brahms, Schumann et Nicolas Medtner. Démentissent les rumeurs de son départ prochain, son nom est à l’affiche jusqu’en décembre, alternant régulièrement avec des invités. Le répertoire comprend sur l’ensemble de la saison, de compositeurs variés: Mozart, Chopin, Haydn, Prokofiev, Rachmaninov, ou Villa-Lobos. Une soirée en "Sim" majeur ! LB (www.lepetitjournal.com - Sao Paulo) vendredi 27 avril 2007 Programmation de l’OSESP Achat des billets sur place ou sur http://www.ingressorapido.com.br/ SALA SÃO PAULO PRAÇA JÚLIO PRESTES S/Nº 01218 020 SÃO PAULO SP T 55 11 3337 5414 http://www.salasaopaulo.art.br/ |