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Mardi dans la matinée, Bruno Ganz a été fait chevalier de la légion d’honneur à l’ambassade de France à Berlin, en présence de Jeanne Moreau et de Wim Wenders. Un événement de taille qui s’est déroulé en toute modestie à l’image de la grande figure du cinéma et du théâtre 
Bruno Ganz (Photo. C. B.) Un artiste "européen" A 66 ans, Bruno Ganz rayonne de sagesse. Des traits tendres, un regard bleu et un air enfantin qui inspirent une innocence sincère et paisible. Face à cette désarmante douceur, on ne peut s’empêcher de se rappeler la splendide figure de l’ange Damiel, qu’il incarnait vingt ans auparavant dans Les Ailes du désir. Difficile alors d’imaginer le visage angélique sous les traits d’Adolf Hitler dans La Chute de Oliver Hirschbiegel (2004). Il était paradoxalemnt le seul à être capable de donner un visage humain à ce spectre monstrueux de l’histoire. C’est dire si l’acteur fondateur de la Berliner Schaubühne avec Peter Stein a enrichi son répertoire au fil de sa longue carrière en multipliant les rôles complexes. Serein, il écoute, l’air presque embarrassé, les étapes marquantes de son parcours qui l’a mené aussi bien sur les planches dans les rôles de Faust ou de Hamlet, que sur le grand écran. Un curriculum vitae impressionnant qui fait de l’acteur un symbole de la culture européenne. Suisse, francophone, résidant en Allemagne, Bruno Ganz a décliné son talent en rapprochant les différentes cultures européennes. Dans un solennel discours, Claude Martin, ambassadeur de France à Berlin, a salué l’artiste "européen" qui a su construire "un pont entre les cultures allemande et française". Avec Jeanne Moreau, heureuse de s'associer à l'hommage rendu à l'acteur suisse (Photo. Cécile Boutelet) Un geste fort pour la culture franco-allemande Il est vrai que Bruno Ganz n’a pas cessé depuis le début de sa carrière de tisser un lien étroit dans le cinéma français. Depuis ses débuts au cinéma avec La Marquise d’O d’Eric Rohmer en 1975, au Nosferatu de Werner Herzog, aux côtés d’Isabelle Adjani, l’acteur suisse a beaucoup travaillé avec la France. Pour preuve de sa présence dans la grande famille du cinéma français, Jeanne Moreau était présente. La grande actrice a exprimé une sincère émotion tout en félicitant chaleureusement celui qui fut son partenaire dans L’Absence de Peter Handke et dans Lumière, le premier film qu’elle réalise en 1976. Wim Wenders, qui avec Bruno Ganz a bâti le Berlin mythique des Ailes du Désir (Photo. C. B.)
D’autres grands géants du cinéma et du théâtre faisaient partie de la séance très intime : l’incontournable Wim Wenders et Klaus Michael Grüber, qui a également été décoré par la légion d’honneur. Une réunion intense, symbole d’une génération qui a marqué le paysage culturel européen des 50 dernières années. En quelques mots discrets, Bruno Ganz, ému, s’est déclaré "très fier" de l’honneur qu’il lui était décerné par "la douce France". L’artiste n’a pas fini de nous étonner par son humilité. Elsa ASSOUN (www.lepetitjournal.com - Berlin) jeudi 26 avril 2007 |