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CINÉMA - "La bûche" version chilienne est presque indigeste |
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mercredi 25 avril 2007 |
Fiesta Patria de Luis R.Vera sort aujourd’hui sur les écrans. Le premier film chilien de l’année est très copieux ; or l’abus de "choripan" nuit gravement à la santé
Autre grand raout familial de l’année après la "Fin de semana santa" (Pâques), la "Fiesta patria" en général et celle du film, en particulier, est l’occasion de se mettre à table. Au propre, comme au figuré. Dans cette maison au bord de l’océan, deux familles élargies aux innombrables "tia" et " tio" se réunissent autour de leur progéniture respective: un jeune couple en voie d’officialisation, Macarena (Adela Secall) y Álvaro (Tiago Correa). Dans les premiers "asados" de la saison, les premiers repas en plein air, sous le soleil du printemps, les langues se délient. Et sur un refrain bien connu, la belle fête familiale est l’occasion d’exhumer les vieux démons. Et quand on ne rit pas, jaune, c’est que l’on pleure. Les parents du fiançé sont plutôt fiers de leur passé d’activistes de gauche, ceux de la jeune fille de leur passé militaire. Mais comme si l’affrontement, inévitable après deux verres de vin, n’était pas assez "sexy", le film fait incarner un thème subsidiaire ("un tema", comme disent les Chiliens dans un soupir plein de sous-entendus) voire plusieurs, à chacun des nombreux personnages venus à la "fête". Inventaire en vrac: la fille aînée de l’hôte, alcoolique ET infidèle, parce que mal-aimée par son papa puis par son mari. Par elle on flirte, hou la la comme c’est mal, avec le sexe à plusieurs. Mais il y a aussi un curé et un vieillard aux mains baladeuses, deux bonnes, l’une mapuche et l’autre péruvienne qui avec ce bon vieux classicisme chilien mis en scène à la truelle (bouhh les patrons leur parle très mal) endossent à elles deux, trois de ces thèmes repoussoirs. Il faudrait parler de l’inévitable attitude équivoque des femmes chiliennes vis-à-vis des hommes, la jeune fille promise se charge si bien de l’illustrer qu’elle part à la fin avec le cousin. L’un des "tio" serait peut-être un peu homo, selon le beau-frère militaire, lequel s’affronte à la gringa anti-Bush. Quoi? L’on n’a pas encore parlé de pédophilie ? Mais si, n’allez pas croire que le film nous fasse grâce d’une autre douleur secrète: il paraît que le grand-père… Mais le vrai secret, promis par le film (et dévoilé sur le site internet!) les dépasse tous: une invraisemblable révélation de dernière minute sensée nous apprendre que rien n’est jamais ni noir ni blanc, y compris sous une dictature. Pour autant tous ces personnages plutôt bien interprétés, qui entrent et qui sortent du champ comme au théâtre, ne laissent pas le temps au spectateur de s’ennuyer. D’autant que la plupart des scènes filmées en plan - séquence rapides, caméra à l’épaule, nous laissent au bord de la nausée. Ceux qui ont vu en 2006 "La Sagrada familia" de Sébastian Campos, salué par la critique, apprécieront peut-être cette métaphore plus richement dotée, de l’état moral et social du Chili. Luis R .Vera prétend, que son film sera le meilleur de l’année. Si c’est vraiment la cas, les loueurs de DVD vont faire fortune. Sophie ROUCHON. (www.lepetitjournal.com - Santiago) mercredi 25 avril 2007
Sortie en salle jeudi 26 avril. Interdit au moins de 14 ans. Site du film www.fiestapatria.com. Attention: Le secret sensé être l’appât du film est bêtement dévoilé dans le résumé |
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