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CINEMA : La Reina, so british ! |
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jeudi 26 avril 2007 |
Le dernier film de Stephen Frears, La Reina (the Queen) sort aujourd'hui au Chili. Entre Balmoral et le 10 Downing Street, il nous fait pénètrer dans l'univers intime de la monarchie britannique, ébranlée au lendemain de la mort de la princesse Diana.
Dimanche 31 août 1997. Le monde entier est sous le choc de la disparition de la princesse Diana (Images d’archives) dans un accident de voiture sous le pont de l'Alma à Paris. Tony Blair (Michael Sheen) fraîchement nommé Premier Ministre, est le seul à comprendre l'impact de cet accident sur la population britannique. Les Anglais, eux condamnent lourdement la famille royale, restée silencieuse, considérant le chagrin comme une affaire privée. Le Premier Ministre va alors tout mettre en œuvre pour convaincre la reine de quitter son refuge écossais de Balmoral pour se joindre au deuil national. Loin des sempiternelles chroniques à sensations sur la mort de la princesse de Galles, le film aborde ce drame d'un point de vue inédit : La relation entre un Tony Blair jeune Premier Ministre timide, et une Reine ( Helen Mirren ), imperturbable et magistrale. Stephen Frears s'immisce sans bruit , préjugés ou jugements, dans cet univers protocolaire et glacial qu'est la monarchie anglaise.
Elisabeth II au lit face à la télé Le ton est juste, sensible sans être pathétique. La reine est magnifiquement interprétée par Helen Miller, qui a reçu la Coupe Volpi de la Meilleure interprétation féminine à la 63e Mostra de Venise en 2007 plus l'Oscar de la meilleure actrice. Habituée aux personnages royaux (elle a joué Elisabeth I dans la série éponyme) l'actrice a tenté de s'approprier son personnage à la manière d'un portraitiste, en apportant sa propre perception du sujet. Michael Sheen lui, a déjà interprété le rôle du Premier ministre dans The Deal, une étude des relations entre le chancelier Gordon Brown et le premier ministre Tony Blair. Mais ici le personnage est différent. Il a gagné en maturité et en influence, mais il lui reste du chemin à faire pour se sentir vraiment à l'aise dans son rôle de Premier Ministre. La reine le considère un peu comme un enfant, prêtant difficilement attention à ses conseils sur l'attitude à adopter. Un choc des générations, mais également un choc culturel entre la famille royale engoncée dans son protocole archaïque, et le Premier Ministre, un jeune libéral au fait des attentes de la population. Le réalisateur Stephen Frears (My Beautiful Laundrette , Sammy et Rosie s'envoient en l'air) a souhaité mettre en scène les coulisses du pouvoir britannique, en s’entourant de familiers de la monarchie pour coller de plus à la réalité jusque dans les détails. D’où, la Reine en chemise de nuit "grand-mère" couchée dans son lit regardant la télé, ou le ministre avachi sur son canapé mangeant goulûment une assiette de pâtes. Rien que de l’authentique. Cette intimité, parfois dérangeante, invite le spectateur à porter un nouveau regard sur la monarchie anglaise et ses valeurs parfois désuètes. Mais ce film n'est ni une plaidoirie pour la couronne anglaise, ni un pamphlet anti-travailliste. Il montre admirablement l’une des plus graves crises que la monarchie ait traversé depuis la dernière guerre. Le scénario impeccable de Peter Morgan a d’ailleurs reçu l'Osella du meilleur scénario à Venise. Laury-Anne Cholez (www.lepetitjournal.com Santiago) Jeudi 26 avril
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