|
Dimanche soir, dans une colocation Erasmus, était organisée une "french election party". Une vingtaine d’étudiants français s’était donné rendez-vous pour écouter ensemble les résultats du premier tour de l'élection présidentielle. Ambiance... Sixième étage, c’est bien là. Sur la porte, une affiche : « french election party ». L’appartement semble vivre au rythme de l’élection depuis quelques semaines déjà. Dans le hall, rebaptisé « bookmaker corner » les pronostics de chacun sont affichés. En face, le « loser corner » où l’on peut voir les têtes de Buffet, de Villiers où encore Voynet. Un décompte des jours est placardé sur la porte du salon. Dans le couloir, chaque chambre fait office de QG de chacun des grands candidats, dont une place de choix pour Le Pen qui semble avoir conquis les toilettes… « La connexion ne marche pas ! » le QG de Sarkozy semble avoir des problème avec internet. Quelques minutes plus tard, il est convenu que la soirée se ferait dans le QG de Bayrou. Pendant que les gens arrivent au compte goutte, l’excitation monte… « Aller ! Arrêtez de parler pour ne rien dire ! », Thibaud, fervent supporter de l’UDF, s’impatiente. Les premiers chiffres arrivent de Belgique et d’Allemagne. Ils donnent alors Ségolène Royal au second tour avec Nicolas Sarkozy. Les pronostics vont bon train quant aux pourcentages exacts …
L’heure de vérité 21 heures à Athènes, les résultats tombent. Au second tour, le duel Ségo/Sarko aura bien lieu. Certains pestent, notamment les électeurs du centre, alors que pour les autres, c’est une bonne nouvelle qui vient d’arriver. Les 10,6% de Le Pen rassurent tout le monde. Une partie des étudiants reste devant l’ordinateur alors que les autres se sont installés sur la terrasse. On parle politique, du second tour et du report des voix du centre. « Pour moi c’est la peste ou le choléra, je ne voterai pas. » annonce l’un d’entre eux. Pour d’autres, « il faut voter utile ». Le discours des trois leaders se fait dans un silence relatif. Chacun écoute son candidat avec ferveur alors que les autres le critiquent à voix basse. La fin de la soirée approche et alors que certains fêtent la victoire à grandes gorgées de bière d’autres se consolent de la même manière. Ils se donneront à nouveau rendez vous dans deux semaines pour le second tour… Steven Dolbeau (www.lepetitjournal.com - Athènes) 24 avril 2007 Retrouvez notre dossier spécial Présidentielle |