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Nombreux à s'être déplacés, les Français de Berlin ont voulu vivre ensemble l'annonce des résultats du premier tour. Pas moins de 5 soirées électorales étaient organisées dans la capitale allemande. Lepetitjournal.com a assisté à deux d'entre elles et recueilli les impressions à chaud des électeurs Affluence à la soirée de l'ambassade
19h58... la tension est forte dans la cafétéria de l'ambassade (Photo. C. B.) À l’image de la journée, la soirée électorale de l’ambassade a connu un franc succès. L’auditorium de la Wilhelmstrasse était plein à craquer à l’annonce des résultats. Après la proclamation des premières estimations, des applaudissements se font ressentir, des soupirs de soulagements parcourent la salle devant le faible score des candidats d’extrême droite. L’assemblée, très marquée à gauche, n’est pas avare de commentaires: quelques sifflets fusent pendant le discours de Nicolas Sarkozy, suivis pas un applaudissement isolé, auquel répond du tac au tac un tonitruant: "T’es tout seul !". Mais même pendant le discours de la concurrente Ségolène Royal, le public ne se départit pas de son ironie: alors que certains scandent "Ségolène présidente" à l’unisson avec l’écran, des rires railleurs ponctuent les envolées lyriques de la candidate socialiste: "Je suis une femme libre, comme vous êtes un peuple libre !". Si la soirée s’est déroulée dans une ambiance bon enfant, les déçus ne manquent pas: certains regrettent que François Bayrou, malgré son bon score, ne soit pas qualifié pour le second tour. Au détour d’une conversation, on entend une jeune femme souffler "Ce n’est pas rigolo, il n’y a pas eu de surprise". L’afflux et l’intérêt massif des Français de l’étranger pour cette élection resteront dans les mémoires: "J’habite à Berlin depuis 27 ans, et c’est la première fois que je vois une telle queue devant l’ambassade", nous confie Véronique, professeure de français. Qu’en sera-t-il le 6 Mai ? Au Dr Pong, Sarkozy est hué 18h au doctor Pong, le rendez-vous est donné pour les Français à l’occasion du premier tour de l’élection présidentielle. Pour ce bar incongru de Prenzlauerberg, quartier branché Berlin-est, assidument fréquenté par les français friands d’ambiance décalée, c’est l’occasion de faire honneur à l’événement politique incontournable. L’ambiance reste détendue en ce début de soirée printanière. Les premiers visiteurs profitent encore du soleil, avancent quelques pronostics tout en dégustant un verre de sekt offert par la maison. Quelques allemands francophiles s’informent, curieux des résultats, tandis que quelques spectateurs assis au fond de la salle, observent déjà le mur où sont projetées les premières informations de TV5.
Quelques chiffres tombent: aucune estimation concernant les candidats, mais déjà un pourcentage considérable, qui crée l’optimisme quant à la valeur du suffrage: près de 74% de participation. Très rapidement la salle se remplit. En deux heures le bar est bondé. Un deuxième écran s’est imposé. L’ambiance s’électrise. La tension monte. L’angoisse se lit sur les visages pendant que les quelques secondes s’écoulent avant les estimations officielles.
20 heures, le moment est venu, les deux visages se dessinent. Nicolas Sarkozy contre Segolène Royal. Le duo tantôt annoncé, tantôt contesté depuis plusieurs mois. Entre déception et soulagement, les visages se crispent, attentifs aux commentaires. Les bayrouistes se consolent avec un score encourageant, tandis que les socialistes (pas forcément royalistes) laissent échapper un soupir de soulagement. Incontestablement, le favori de droite, qui se prononce en premier, ne recueille pas la popularité escomptée: son discours est couvert par des huées de contestation. Il faudra attendre la réaction de la candidate socialiste pour recueillir quelques applaudissements du public groggy d’émotion. Les jeux sont faits: en attendant l’ultime rendez-vous au deuxième tour, reste la piste de danse et le bar pour déclamer sa joie ou noyer son chagrin jusqu’à l’aube... Raphaël COTTIN et Elsa ASSOUN. (www.lepetitjournal.com - Berlin) lundi 23 avril 2007 |