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POLITIQUE - Un président aimé |
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lundi 23 avril 2007 |
La suspension du président Traian Basescu par le Parlement a provoqué une grande manifestation de solidarité. Jeudi soir, destitué quelques heures plus tôt par 332 parlementaires, Traian Basescu était acclamé par plus de 2.000 citoyens. Une démonstration qui illustre bien la coupure entre la sphère politique et la population
À 15 heures, ils étaient à peine une centaine sur la place de l’université de Bucarest. Les premiers manifestants apportaient leur soutien au président Traian Basescu, suspendu de ses fonctions une heure plus tôt par le Parlement. Petit à petit, la foule a grossi et les slogans ont pris de l’ampleur. À 19 heures, plus de 2.000 personnes attendaient le discours du président. À peine est-il monté sur la scène improvisée, que les Roumains à ses pieds l’implorent: "Ne démissionne pas ! Ne démissionne pas !", scandent-ils. Au micro, Traian Basescu remercie ses électeurs pour cette démonstration de soutien, mais ne dit pas clairement s’il va quitter ou non ses fonctions: "Je n’abandonnerai pas le peuple roumain. Jusqu'à l'accomplissement de toutes les formalités, chose qui se passera lundi prochain, à la Cour constitutionnelle, je suis encore le président de la Roumanie. J'ai compris votre message et je vous assure que je ferai ce qui sera bon pour le pays. Vous m’avez élu trois fois. À coup sûr, nous aurons l’occasion de nous rencontrer dans les urnes une 4e fois"... Ce à quoi les manifestants répondent d’une seule voix: "On t’aime !"
Inquiétudes à Bruxelles À l'ouest, on s’inquiète. À peine quatre mois après l’entrée dans l’Union européenne, une telle instabilité politique dans un pays membre est de mauvais augure pour la suite. La Commission craint que la suspension du président et sa probable démission n’entraînent des difficultés pour mettre en place les politiques européennes. Même appréhension au Parlement européen: "Il est regrettable qu’un pays comme la Roumanie, qui vient juste d’entrer dans l’Union européenne, en soit arrivé à une telle situation de crise institutionnelle", a déploré Wilfried Martens, président du parti populaire européen. La nouvelle a été répercutée instantanément dans le monde entier par les agences de presse et les radios. Pour l’instant, le président du Sénat Nicolae Vacaroiu assure l’intérim comme chef de l’État.
Mais vendredi soir, autre coup de théâtre. Traian Basescu a annoncé, contrairement à ce qu'il avait dit, qu'il ne démissionnerait pas malgré sa suspension et qu'il organiserait un référendum dans 30 jours. Dimanche une nouvelle manifestation de soutien au président était organisée place de la Constitution. Un feuilleton politique rocambolesque qui n'est pas prêt de se terminer... Texte et photos: Marianne RIGAUX. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) lundi 23 avril 2007 |