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Guitares, contrebasse, harmonica, le Hot Club de Zazz réinvente la musique des années 20-40 de Django Reinhardt. Rencontre avec Xavier Rigaut, fondateur du groupe. Entre passion et swing, le jazz tzigane semble avoir trouvé un porte parole. 
Xavier Rigaut (photo S.F.)Comment est né le groupe Hot Club de Zazz ? De ma passion pour Django Reinhardt, un artiste tzigane et un des plus grands guitaristes de jazz. Quand je me suis intéressé à nouveau à cette musique j'ai pris des cours d’improvisation jazz à la "Scuola popolare musicale di Testaccio". J’ai travaillé plusieurs années pour une entreprise italienne dans ce quartier. Le midi, pendant ma pause déjeuner, j’allais souvent jouer de l’harmonica dans le cimetière militaire des soldats du Commonwealth de Via Zabaglia. L’entrée du cimetière est comme un petit temple circulaire avec une coupole. Le retour du son était fabuleux. En même temps, je voyais les tombes de ces soldats souvent très jeunes qui, venus de loin et débarqués à Anzio, étaient morts pour la libération de Rome. En 1999, j’ai découvert Django Reinhardt. Je savais qu’il était déjà très populaire avant-guerre en Grande Bretagne, où il avait fait plusieurs tournées avec Stéphane Grappelli. Je pensais que ce serait bien de faire un double hommage : jouer Django dans le cimetière lors du jour de la libération de Rome le 4 juin 2002. J’ai donc cherché des musiciens pour monter un groupe pour cet événement. Finalement le projet n’a pu aboutir mais le groupe "Hot Club De Zazz" était créé et nous avons fait notre premier concert le 20 décembre 2002. Hot Club de Zazz, ça rappelle le Hot Club de France. Comment est né le nom ? Je me suis en effet inspiré du légendaire quintette créé par Django Reinhard. Zazz c’est aussi un acronyme entre Tzigane et Jazz, là où nous puisons notre source d’inspiration. Cela fait également référence aux Zazous, la première tribu musicale de Jazz qui se rebellait contre le nazisme et à une chanson de Cab Calloway qui avait pour refrain "za-zoo-za-zoo-za-zoo-zay". Enfin, Zazz est aussi un personnage imaginaire qui intervient parfois dans nos concerts. Une sorte de fil conducteur qui nous permet d’explorer l’œuvre de Django Reinhardt. Vos concerts ne sont donc pas uniquement un enchaînement de morceaux choisis ? Vous voulez dire que c’est un voyage à travers une histoire ? C’est un peu ça. En fait, nos concerts prennent différentes formes. Pour certains, nous créons des histoires et nous proposons à nos auditeurs de rêver à travers l’œuvre d’une époque. Nous réalisons également des concerts multimédia où nous reprenons le vidéo clip de Django Reinhardt "J’attendrais", un montage du "3e homme" d’Orson Wells ou de vieux dessins animés. Le son et l’image se rencontrent pour plonger dans un autre univers. Le jazz est souvent considéré comme une musique difficile d’accès, réservée à une élite. Ce soir, vous vous produisez au siège de la Cooperativa Agricoltura Capodarco à Grottaferrata pour un resto-concert. On peut s’attendre à quoi ? À une fête musicale ! Le jazz de Django Reinhardt ne souffre pas de cet a priori élitiste. Django est un tzigane manouche. Son jazz est empreint d’une forte mélodie. C’est une musique très proche des émotions, une musique du cœur. Ses morceaux sont accessibles à tous. Ce rythme, ces mélodies peuvent nous toucher à tous les niveaux : le corps et l’âme. C’est un peu un voyage découverte que nous proposons à travers différents rythmes et thèmes musicaux. Propos recueillis par Sara FREDAIGUE. (www.lepetitjournal.com - Rome) vendredi 20 avril 2007 Pour plus d’informations: Hot Club de Zazz: http://hotclubdezazz.splinder.com/ Concert de ce soir: Serata Musicale HOT CLUB DE ZAZZ, Agricoltura Capodarco 20apr2007.doc |