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CINEMA - Un " Toro " dans l'arène de l'Urania |
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| Ecrit par BUDAPEST,
le 19-04-2007 00:00
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Le Festival Titanic accueillait mardi soir Guillermo Del Toro, triplement "oscarisé" cette année pour l'excellent " Labyrinthe de Pan ". Le réalisateur mexicain était venu soutenir son ami et compatriote Daniel Gruener pour la projection publique de son film en compétition, "Morirse en Domingo". Le Petit Journal de Budapest a eu le privilège de rencontrer les deux réalisateurs.
"Daniel Gruener (à g.) et Guillermo Del Toro dans le hall de l'Urania" (photo : festival Titanic) C'est avec une étonnante discrétion que Guillermo Del Tora est arrivé au cinéma Urania mardi soir. Chose surprenante, peu de journalistes hongrois étaient présents pour couvrir l'évènement, au grand dam de l'équipe du festival. Venu présenter son nouveau long-métrage, une comédie grinçante et enlevée, retraçant le destin horrifico-absurde d'un cadavre, Daniel Gruener n'a pas tari d'éloges devant la beauté du cinéma Urania. D'origine hongroise par sa mère, il a même avoué se sentir à Budapest comme chez lui. Il symbolise aujourd'hui avec Guillermo Del Toro, son compère de longue date, un certain renouveau du cinéma mexicain. Ce dernier, personnage charismatique d'un naturel bluffant, n'est, quant à lui, pas avare de compliments à l'endroit de son ami : " C'est un très bon réalisateur qui a un regard décalé sur le monde et un très grand sens de l'image. Il a surtout beaucoup d'humour ! Un humour que j'aime, bien noir, mais qui reste très humain… C'est important que la brutalité et la noirceur soient combinées avec des éléments émotionnels. A mon avis, c'est ce qui donne sens à l'humanité." Cinéma, Mexique… et humour noir Sur ce point les deux réalisateurs se rejoignent. Evoquant la programmation du festival, Daniel Gruener insiste sur sa vision de l'humour noir au cinéma : "J'ai vu plusieurs films cette semaine, et dans l'ensemble, tous me paraissent très sérieux…On y parle de situations graves, de choses difficiles, en essayant d'en rire. C'est un peu comme dans mon film…sauf que mon film est mexicain ! Passé un certain point, les films européens ne jouent plus la carte de l'humour noir. Quand ça devient vraiment sérieux, brusquement ça n'est plus drôle du tout, et on tombe dans le sinistre absolu… Au Mexique en revanche, plus les situations sont terribles, plus on ressent le besoin d'en rire. Ce type d'humour ne vaut que lorsque il est assumé jusqu'au bout !" Et quant aux chances de Daniel Gruener de remporter le prix du jury, Guillermo Del Toro a un avis tout tranché sur la question : " Les récompenses dans les festivals, c'est comme le sexe dans les boîtes de nuit. C'est plutôt sympa d'y être ; si on conclue, tant mieux, sinon tant pis ! J'ai été membre de plusieurs jurys, et je peux vous dire, qu'au-delà de la qualité des films, il y a tout un tas de facteurs qui rentrent en compte. A savoir, si on a bien mangé, si on est de bonne humeur, etc. Au final, l'essentiel c'est que le public aime votre film." François GAILLARD & Ludovic MIEGE (www.lepetitjournal.com - Budapest) jeudi 19 avril 2007
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