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Une soirée passée à l´opéra reste un événement inoubliable, et le Staatsoper sur l´avenue Unter den Linden reflète bien la vision d´une ville de culture dans la tradition prussienne. Visite du plus fastueux opéra berlinois 
Sur Unter den Linden, un monstre sacré (photo LPJ Berlin) Avec sa facade ressemblant à un temple corinthien, le "Lindenoper", comme se plaisent à l´appeller les Berlinois, a tout du classicisme prussien. Construit entre 1741 et 1743 d´après les plans de Georg Wenzelhaus von Knobelsdorff sous le nom de "Opéra royal", l´édifice s´impose au milieu de l´avenue Unter den Linden. Le sort se sera pourtant souvent acharné sur le plus ancien opéra de la capitale : en 1843, l'opéra brûle, et plus tard, pendant la seconde guerre mondiale, les bombardements alliés le détruisent par deux fois. Qu'à cela ne tienne : il renaît de ses cendres après chaque assaut. La Bebel-Platz avoisinante a quant à elle connu les sombres heures du fascisme. En 1933 déjà, on y brûle les livres. On voit l'opéra sur les nombreux clichés et photos de l´époque, ce qui en ternira longtemps l´image. Une renommée internationale De nos jours, le Staatsoper jouit d´une renommée internationale, qu'il doit notamment à ses chefs d´orchestre: Karajan, Clemens Kraus ou Richard Strauss, pour ne citer qu´eux y ont officié depuis les débuts. Parmi les créations d'oeuvres historiques, citons le Freischütz de Weber ou le Wozzeck de Berg en 1925. Aujourd'hui, le répertoire que l´on peut y apprécier est vaste : aux côtés de Mozart, Verdi et Wagner, une place est laissée aux créations plus contemporaines. C'est avec la nomination en 1992 de Daniel Barenboim en tant que directeur artistique qu´une nouvelle ère commence. Le "Stardirigent" dirige la Staatskapelle et les chanteurs en alternance avec les chefs invités. On sait que le chef d´origine israélienne, enclin aux évènements pharaoniques n'a peur de rien : en 2002, les 10 opéras de Wagner sont représentés en une semaine seulement! Une rénovation urgente Cependant, dans les coulisses, une toute autre réalité s´impose: le bâtiment a besoin d´être rénové de toute urgence. Des mises en scène ont dûes être récemment simplifiées pour des raisons techniques. Un incident s´est même produit lors d´une représentation de Don Giovanni en 2002. Des travaux de rénovations sont par conséquent prévus dès 2010 et dureront trois ans. Selon Peter Mussbach, le directeur artistique et intendant, il s´agit d'"une opération gigantesque". Autre problème : la maison rencontre de sérieuses difficultés de financement il est régulièrement question de faire fusionner les opéras de Berlin. En attendant, la prochaine saison verra son lot de nouveautés, huit "premières" seront mises en scène et Simon Rattle, le chef du Philharmonique dirigera en collaboration avec Daniel Barenboim. La preuve que l´histoire du Staatsoper pourtant bien mouvementée est loin d´être terminée. Benoît ZIEGLER. (www.lepetitjournal.com - Berlin) mardi 24 avril 2007 Liens: www.staatsoper-berlin.org, tickets@staatsoper-berlinorg Pour s´y rendre: S1 Unter den Linden, Bus 100. |