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Trois ans après son dernier album, Manou Gallo revient avec un album éponyme. De promotion à Madrid, heureuse de pouvoir parler en français après une journée-marathon d'interviews, la bassiste ivoirienne nous livre ses impressions sur son album et sa culture, entre sa Côte d'Ivoire natale et la Belgique
Manou Gallo, "l'album de la maturité" Lepetitjournalcom : Pouvez-vous nous présenter votre nouvel album, Manou Gallo ? Manou Gallo : Je dirais que c'est l'album de la maturité. Il marque une évolution certaine depuis Dida, mon précédent album. Je suis plus ouverte dans ma musique et dans mes pensées. C'est mon bébé, je ne peux choisir quelle chanson j'aime le plus, je ne peux pas le couper en deux.
Où allez-vous puiser votre inspiration ? Je suis percussionniste à la base donc tout part d'une rythmique. C'est ce qui donne l'identité de chaque chanson. Je dois avoir encore une cinquantaine de lignes de basse qui m'attendent dans mon ordinateur. Les autres instruments s'ajoutent après, comme les paroles, pour habiller le tout. Après, je ne me limite pas. Si je veux jouer un blues ou un funk, je le fais. C'est aussi bien si on n'arrive pas me classer dans un genre musical précis. J'ai la chance de vivre la culture, l'inspiration vient toute seule.
Vous chantez en français, en anglais et en langue dida (ndlr : un dialecte ivoirien). Comment déterminez-vous la langue qui correspond le mieux au thème que vous abordez ? Le choix de la langue avec laquelle je vais chanter est fait en fonction des personnes avec qui je collabore. C'est avant tout une question de feeling avec les autres musiciens. Je ne dis pas qu'un jour je ne chanterai pas en chinois ou en japonais ! Pourquoi pas, si c'est la couleur qui va le mieux à la chanson ...
Qu’est ce que la francophonie évoque pour vous ? Le français est ma langue maternelle, j'y suis très attachée. Je la valorise et la défends, car c'est une partie de mon identité culturelle.
Vous alternez de résidence entre Côte d'Ivoire et Belgique. La bi-culturalité est un besoin ? J'ai grandi à Abidjan mais je vis à Bruxelles. Et j'aime autant ces deux pays. La Côte d'Ivoire, c'est mes racines, là où j'ai tout appris. Bruxelles m'a adoptée depuis dix ans maintenant. Je ne peux me passer ni de l’une ni de l’autre. Madrid, Londres, New York, Paris, toutes ces villes sont trop étouffantes pour moi ; Bruxelles, au contraire, est une petite ville où tous se mélangent parfaitement et où l'on se sent à l'aise.
Vous avez joué en première partie de Ben Harper en octobre dernier. Vos impressions ? Je le connaissais depuis une tournée aux USA avec Zap Mama. C'est quelqu'un de sympathique. J'admire son bassiste, Juan Nelson. Quand on lui a proposé des groupes pour assurer sa première partie, Ben Harper m'a choisie. Je le remercie car il m'a permis de me faire connaître un peu plus en Belgique.
C’est la première fois que vous jouez à Madrid ? Ca doit être la quatrième fois. Je suis venue jouer avec Zap Mama et nous avons toujours été très bien accueillis par le public espagnol. Un public du sud, donc très chaleureux.
En parlant de scène, comment retranscrivez-vous l'ambiance de vos albums sur scène ? Je suis assez exigeante à ce niveau-là. Je veux que tous les morceaux soient identiques à l'album. Au son près. Sans faire du copier/coller non plus. Après, c'est la réactivité du public qui leur donne une autre dimension. En général, cela fonctionne plutôt bien.
Que connaissez-vous de la culture ou de la musique espagnole ? Malheureusement pas grand chose. Je suis par contre fascinée par le flamenco et surtout son énergie, le rythme donné en tapant des pieds et des mains. C'est très vivant et très impressionnant à voir. Propos recueillis par Marc DESMAILLET. (www.lepetitjournal.com - Madrid) mercredi 18 avril 2007
Pour en savoir plus sur Manou Gallo : www.zigzagworld.be |