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PHOTO - Un jeune regard sur le monde rural |
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lundi 16 avril 2007 |
Lucian Muntean, photographe-reporter au journal Adevarul a amené la campagne roumaine en France. Ses images d’un village traditionnel sont exposées à Die (Drôme) du 10 au 21 avril
En partenariat avec le festival multimédia Est-Ouest de Paris, Lucian Muntean dévoile le résultat de sept années de travail. Son projet était ambitieux: suivre le quotidien de 718 habitants du village de Rogojel, situé à plus de 1000 mètres d’altitude dans les Monts Apuseni de Roumanie. Au fil des saisons, il a accompagné les habitants tailler du bois, cueillir des fruits, couper du foin, immortalisant la vie rurale. "En ville, les influences technologiques sont évidentes, pas à la campagne. Mais il était intéressant de voir de quelle façon l’économie de marché avait tout de même changé certaines choses. Des jeunes sont partis travailler à l’étranger et sont revenus avec des initiatives positives", raconte-il lors d'un entretien dans Adevarul. Spectateur des évolutions du village, avec l’entrée dans l’Union Européenne, il témoigne: "Avant, les femmes travaillaient sur les métiers à tisser et faisaient les vêtements alors que maintenant il est plus facile d’acheter des vêtements moins chers faits en Chine." Les villageois s’interrogent sur leur avenir: qui pourra bénéficier d’aides agricoles et survivre ici?... "Les interrogations des habitants de Rogojel renvoient à nos propres questions sur la place de la ruralité et de la culture paysanne en Europe, comme sur le sens de l’Europe unifiée", explique-t-il.
De la campagne roumaine à la campagne française C’est en 2003 que Lucian Muntean a rencontré dans le village de Rogojel ses futurs collaborateurs français, les journalistes Jeanne Aimé Sintès et Alexandre Rebours, aux côtés desquels il expose à Die. "Le monde selon Rogojel" : 40 clichés, un DVD et des textes mis en scène sur des coussins et des rideaux. "Les occidentaux ont été étonnés de voir que des hommes utilisent encore des outils archaïques, comme la quenouille, la charrue, la houe, la faux, que la belle-mère et la belle-fille fassent le pain à la maison ou que les hommes se réveillent à 5 heures du matin pour ramasser les fruits des bois et les champignons jusqu’au soir", rapporte Lucian Muntean. Après ce premier volet roumain, il imagine une suite. Pour lui, "la prochaine étape sera de choisir un village en France pour voir, par comparaison, comment il s’est développé. Car je pense que les problèmes, au jour le jour, sont plus ou moins les mêmes". Marianne Rigaux. Photos: Lucian Muntean. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) lundi 16 avril 2007 |