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ÉCO - L’Espagne des travailleurs souterrains Version imprimable Suggérer par mail
mercredi 11 avril 2007

L’Espagne concède à l’économie souterraine plus d’un cinquième de son PIB. Une somme vertigineuse qui échappe à l’État et cache des conditions de travail souvent difficiles

L'hôtellerie, un des secteurs les plus touchés par l'économie parallèle

Économie souterraine, parallèle, grise ou noire, occulte... Les experts économistes ne se mettent pas d'accord sur le nom officiel que doit porter ce phénomène. Il s'agit du secteur de l'économie qui n'apparaît pas dans les statistiques officielles. Un vrai problème en Europe où l’Espagne se classe au troisième rang. Au niveau mondial, l'économie souterraine est estimée à 9.000 milliards de dollars. En Espagne, elle correspond à 22,6% du Produit Intérieur Brut (PIB). Si on est loin des records mondiaux détenus par l’Inde et la Thaïlande (avec respectivement 75 et 77% du PIB), cela représente néanmoins 171 millions d’euros. Le gouvernement espagnol annonce pourtant
une économie souterraine stabilisée et un taux de chômage de 8,25% pour 2007. Les peines sont sévères et dissuasives pour les employeurs utilisant de la main d'oeuvre au noir. Ils encourent une amende de 60.000 euros par jour et par employé.

"Il faut s’attendre à être surexploité"
Les travailleurs directement concernés sont les jeunes sans formation, les femmes sans qualification et, pour la plus grande majorité, les immigrés. Les principaux secteurs touchés par le travail au noir sont l'agriculture, l’hôtellerie et le secteur du textile. Pour la plupart, ces travailleurs sont victimes d’abus d’autorité et de surexploitation. Mais le nombre de dénonciations reste faible. Alejandra travaille depuis 4 ans dans un hôtel-restaurant de Madrid. Elle est venue de Colombie, un diplôme d’assistante de direction en poche, dans l’espoir de trouver un travail. "Je me suis vite résignée à travailler ici. Je fais 46 heures par semaine, je n’ai pas souvent de vacances mais mon patron me paye correctement. Un de mes amis se fait littéralement exploiter. Nous n’avons pas notre mot à dire. Nous devons payer le loyer". Un silence que partagent près de deux millions de personnes. 
Marc DESMAILLET. (
www.lepetitjournal.com - Madrid)  mercredi 11 avril 2007

Pour plus d'infos:
http://www.regionetdeveloppement.u-3mrs.fr/pdf/R5/R5_Barthelemy.pdf
http://www.humanite.presse.fr/journal/2005-02-11/2005-02-11-456490

 
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