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LE BILLET DE BLANCHE BAUDOUIN - Posthume hommage au Raff |
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| Ecrit par Herve HEYRAUD,
le 09-06-2005 22:00
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Diablement entichée du sourire d’excuse permanent de Jean-Pierre Raffarin, Blanche ne se remet pas de la cruelle et violente éviction
Raffarin incarnait le parfait looser au grand cœur. (Photo : AFP)
C’est drôle, je n’aurais jamais cru qu’on puisse s’attacher à un Premier ministre autant qu’un cintre à sa tringle. Détringlée, me voilà perdue et mue d’un profond sentiment de vacuité. Comment vais-je faire, pour remonter la pente sans mon Raffarin ?
Avec son allure à la fois voûtée, débonnaire et désuète, ce type trimballait tous les maux d’une humanité ratée. Quoi qu’il fasse, il se plantait. Sans doute, depuis la naissance. Ce qui lui avait appris à toujours rebondir, un permanent sourire d’excuse aux lèvres.
Tête de turc déjà à la maternelle, il s’est pris tous les râteaux possibles à l’adolescence, jusqu’à ce que le café le sorte d’un destin idiot. Raffarin, c’est bien simple, c’était le parfait looser au grand cœur. Comment lui en vouloir ?
Guillotinage express
Pourtant, sa belle capacité à incarner le benêt qu’on croise si souvent au cours d’une vie n’aura pas résisté aux contradictions de son étrange boss.
Le Chi, à qui le Raff voue une loyauté sans faille (pour cause ! sans Jacques, personne n’aurait jamais rencontré Jean-Pierre), l’a jeté comme le malpropre qu’il était du départ. Après avoir dit que la Constitution européenne n’avait rien, mais absolument rien à voir avec les affaires internes, zou, le Chi nous a guillotiné l’homme de la France d’en bas en moins de temps qu’il n’en a fallu pour compter les nons.
Perfide anglais
Je dois admettre néanmoins que mon Raff n’était pas très à l’aise en anglais. Autant ses raffarinades bien de chez nous et sentant le terroir maîtrisé, foudroyaient par leur effarante lucidité, autant son slogan pro-traité constitutionnel lui a été fatal : « The yes needs the no to win against the no ». Je persiste à croire que c’est un type des Guignols qui lui a fourgué l’idée.
C’est exactement l’erreur qu’aurait pu commettre mon voisin. Mon voisin, il kiffe tellement les langues étrangères, qu’à peine tu lui apprends trois mots, il les répète à l’infini. C’est dingue ça, comme il les déguste avec une joie sincère les spassiba et autres que hora son mi corazón. Franchement, ça fait plaisir à voir.
Mais mon voisin n’était pas Premier ministre. Et mon voisin n’a pas déménagé après le 29 mai. Comme il va me manquer mon Raffarin… De Villepin, j’en mets ma main à couper, connaît tellement son Anglais de A à Z que c’en est à pleurer.
Blanche BAUDOUIN. (LPJ) 10 juin 2005
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