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CINE - Dangereuse séductrice Version imprimable Suggérer par mail
jeudi 09 juin 2005
Que doit faire une femme des années 30 pour survivre si elle est pauvre et seule ? La réponse de Mrs. Erlynne est d’utiliser sa beauté et son charme pour se faire entretenir par ceux qui ont de l’argent. S’ensuivent alors les problèmes de réputation et les cancans de celles qui l’observent et la craignent autant qu’elles la méprisent

Perçue comme une briseuse de ménage et une chasseuse de milliardaires, Mrs. Erlynne (incarnée avec succès par Helen Hunt), ne fait pas partie du monde auquel elle aspire. Les épouses inactives qui se prélassent aux terrasses des cafés italiens, une fourrure sur le dos, trois roquets et des bijoux onéreux au poignet, se méfient d’elle et la calomnient.
L’intrigue est déclenchée par les visites aussi fréquentes qu’inexpliquées de Robert Widermere, jeune américain amoureux de sa charmante épouse. Cette dernière, jouée par Scarlett Johansson, est une ravissante jeune fille, ingénue, bien éduquée et offusquée au même titre que les autres des actes de Mrs. Erlynne. Pourtant, les deux femmes ont un secret commun que seule l’héroïne connaît.
Intrigue d’Oscar Wilde
Ce film, qui peut paraître banal au prime abord, s’avère plus intéressant que prévu. Tout d’abord il s’agit d’un récit historique et le réalisateur emmène son spectateur sur la côte Amalfitana des années 30 en Italie. Les paysages sont bien reconstitués, notamment grâce à une lumière jaunie qui rappelle les clichés photographiques de l’époque. De plus, les costumes des personnages traduisent une recherche pour l’exactitude du récit. Mais le plus grand intérêt est, contre toute attente pour ces films à l’esthétique lisse, l’intrigue. Car il en existe une et qui est bien ficelée ; le récit connaît une progression, le spectateur est en haleine à travers divers rebondissements.
En précisant que le scénario est directement inspiré d’une nouvelle d’Oscar Wilde, L’éventail de Lady Widermere, on comprend alors mieux qu’un tel film soit aussi brillant et les dialogues si cinglants. Les répliques sur les relations de couple sont particulièrement drôles et le fait de les voir sur grand écran prononcées par les stars hollywoodiennes n’est pas vital, mais demeure divertissant.
Et comme dans tout film américain qui se respecte, le happy end est de rigueur, l’honneur et la morale sont saufs.
Céline GARAY (LPJ. 10 juin 2005

A good woman
Un film de Mike Barker, avec Helen Hunt, Scarlett Johansson et Mark Umbers
 
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