| Ecrit par Antoine de FOURCROY,
le 09-04-2007 00:00
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Parce que de nouveaux bureaux de vote ont été créés, et parce qu’Internet offre toutes les latitudes d’informations, les expats sont appelés à voter massivement. Serge Mucetti, sous-directeur de l’Administration des Français à l'étranger explique pourquoi - Une interview en partenariat avec www.expatries.senat.fr (3/3)
La présence française de l’étranger, comme ici à Milan, attend une vaste participation de ses électeurs (photo LPJ-Gasquet)
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En plus des 12 portraits de candidats que nous mettons en ligne jusqu’au premier tour, nous vous proposons en partenariat avec le Sénat une interview en trois volets de Serge Mucetti, sous-directeur de l’Administration des Français à l'étranger Jeudi 5 : le poids du scrutin / vendredi 6 : les modalités de vote / aujourd'hui : la question de la participation
Est-ce que vous anticipez un taux de participation plus élevé qu'aux élections précédentes ? Serge Mucetti : A la direction des Français à l'étranger et des étrangers en France nous le souhaitons évidemment. Cette réforme, réputée impossible, a été votée à l'unanimité à l'Assemblée nationale et au Sénat. C'est sans doute un des textes les plus consensuels de toute la législature. Il faut que ça marche. Nous allons poursuivre l'action que nous avons commencée l'année dernière et mobiliser tous les relais de la présence française à l'étranger ; nous avons mis au point des messages que TV5 Monde, RFI, France 24, Couleur France vont diffuser, nous avons également préparé des affiches... La création de nouveaux bureaux de vote va certainement dynamiser la participation. Parce que les distances à l'étranger peuvent être un véritable frein à l'exercice du vote. En Australie par exemple, un électeur résidant à Perth doit faire des milliers de kilomètres pour aller voter à Sydney, deux fois en l'espace de quinze jours de surcroît. Maintenant, il y a un bureau de vote à Perth. Si les Français de l'étranger veulent tenir toute la place qui leur revient et pouvoir peser de leur poids dans la politique française, ils doivent se mobiliser et participer en masse à cette élection.
Pour encourager la participation, on pourrait aussi rétablir le vote par correspondance et mettre en place le vote électronique ? Serge Mucetti : La décision appartient au législateur. Il faudra certainement trouver un jour ou l'autre des moyens de voter qui recourent à l'électronique. Convenons que les bulletins en papier que l'on insère dans des enveloppes tout comme les professions de foi imprimées appartiennent à une autre époque. L'avenir est à l'administration électronique et à Internet. On assiste déjà pour ces élections à un essor extraordinaire d'Internet. Je ne suis pas du tout de l'avis de ceux qui disent qu'il ne faut pas en exagérer l'importance dans la diffusion de l'information politique et dans la formation de l'opinion. Avec la démocratisation des moyens de communication et la banalisation de l'accès à l'informatique, Internet ne se caractérise plus socialement. Un jeune de 18 ans qui s'inscrit pour la première fois en 2007 se demande comment on a pu vivre jusqu'à présent sans l'utiliser. Songez que ceux qui voteront en 2012 ont 13 ans aujourd'hui : ils sont nés avec les téléphones mobiles, les ordinateurs portables, Internet... Le vote tel que nous le connaissons leur apparaîtra comme étant totalement archaïque.
Pourquoi ne déployez-vous pas les mêmes efforts pour inciter les Français à s'inscrire sur le registre des Français de l'étranger? Serge Mucetti : Pour ma part, je ne compte et ne connais que les Français qui sont inscrits sur le registre. Lorsqu'un chef de poste consulaire sait que des Français résidant dans sa circonscription ne sont pas inscrits, il doit prendre des dispositions pour les inciter à le demander. C'est un paradoxe, je crois qu'il faut faire venir les gens vers les postes consulaires pour qu'ils n'aient plus besoin d'y venir. Je m'explique : le registre mondial des Français de l'étranger est un système simple grâce auquel, une fois inscrits et titulaires d'un NUMIC, les Français établis hors de France pourront de plus en plus régler leurs problèmes administratifs de chez eux via le guichet d'administration électronique. Ainsi, en simplifiant la procédure, c'est-à-dire en permettant aux gens de ne plus venir aux consulats, ils y reviendront parce qu'ils auront en face d'eux une administration moderne qui offre des services adaptés et non pas une administration rébarbative, inquisitoriale, paperassière et tatillonne. Le Français restera naturellement un usager auquel l'administration doit apporter une réponse ou délivrer un document. Mais l'administration ne doit pas considérer qu'elle s'est acquittée de sa tâche une fois la formalité accomplie ou le document délivré. Elle doit aussi considérer l'usager comme client en mesurant la rapidité et la qualité du service, et en s'intéressant à son degré de satisfaction. Propos recueillis par www.expatries.senat.fr (www.lepetitjournal.com) - lundi 9 avril 2007
En savoir plus Lire l’interview complète sur le site du Sénat : Questions à Serge Mucetti Lire aussi dans Le Monde : "On n'a jamais connu un tel intérêt pour une élection"
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