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Le militantisme à l’étranger est un exercice en soi: affichage impossible, moyens limités, accès difficile aux électeurs, il requiert un savoir-faire particulier. Rencontre avec Mathieu, militant PS à Berlin 
Le militantisme chez Mathieu, ce n'est pas seulement une histoire de famille. (Photo. M. P.)
Comment avez-vous commencé à militer à Berlin ? Je suis issu d’une famille de militants. J’ai commencé à militer à 15 ans à la FIDL, un mouvement lycéen proche de SOS racisme et du PS. À Bordeaux. J’ai longtemps milité en France à l’Unef ID. Quand je suis arrivé à Berlin, je n’ai pas milité au début. Parce que quand on arrive à l’étranger, on a autre chose à faire, construire sa vie, trouver une place professionnelle. Mon premier engagement militant ici, c’était pour participer aux manifestations sur le droit de vote des étrangers en Allemagne. Je suis revenu au militantisme pour la France suite au 21 avril. J’avais voté Jospin au 1er tour, j’étais à Paris. Mais quand je suis arrivé à Berlin, j’étais en tel état de choc… j’ai repris ma carte au PS après avoir participé à une manifestation anti-le Pen. J’ai aussi ma carte au SPD. Comment se passe votre travail quotidien de militant en Allemagne ? Il y a différents moyens de toucher les Français. L'internet a pris une place prépondérante. Mais il y a aussi le travail de terrain. On essaye par exemple de faire les marchés dans les quartiers où il y a beaucoup de Français: Prenzlauerberg, Charlottenburg, Kreuzberg... Ce qui marche le plus c’est de travailler par réseaux: les réseaux en ligne, les réseaux de connaissances, les réseaux étudiants, Erasmus, pour avoir des gens qui sont des multiplicateurs. La chance pour cette campagne, c’est que Ségolène Royal est venue à Berlin. On a eu un grand moment de campagne qui nous a permis de toucher beaucoup de monde et de faire connaissance avec beaucoup de Français de Berlin. Comment expliquez-vous l’intérêt nouveau des candidats pour les Français de l’étranger ? L’exemple italien a beaucoup impressionné. Aux dernières élections, ce sont les Italiens de l’étranger qui ont fait basculer la majorité à gauche. Ca veut dire qu’avec les nouveaux moyens de communication, une population à l’étranger reste très au courant de ce qui se passe dans le pays et peut influencer sur ce qui se passe dans le pays de l’extérieur. Il y a aussi l’idée que les Français de l’étranger sont aussi des multiplicateurs, dans le sens où comme ils sont à l’étranger, quand ils parlent à leur famille, leurs amis restés en France, leur parole aura peut-être plus de poids que d’autres parce qu’ils ont la légitimité du regard extérieur. D’où l’importance de notre travail de militant, convaincre les gens ici peut avoir une double répercussion sur les résultats des élections en France. Propos recueillis par Cécile BOUTELET. (www.lepetitjournal.com - Berlin) mercredi 11 avril 2007 14.000 Français sont inscrits sur les listes consulaires de la circonscription de Berlin. 11.000 d'entre eux résident dans la capitale. Mathieu fait partie de l'ADFE, l'Association des Français de l'étranger, association reconnue d'utilité publique qui regroupe les militants et sympathisants des diverses tendances de la gauche plurielle à l'étranger. Elle est représentée auprès de l'Assemblée des Français de l'étranger. Pour en savoir plus http://adfe.asso.fr/
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