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Le Premier ministre a annoncé jeudi la tenue d’élections parlementaires pour décembre prochain tout en rejetant la demande d’instauration de l’état d’urgence sur Bangkok. Un acte perçu comme un nouvel effet d’annonce pour tenter d’apaiser la tension croissante contre la junte et le gouvernement Le Premier Ministre Surayud Chulanont essaie tant bien que mal d'apaiser les esprits mais les manifestants anti-coup ne veulent rien entendre et exigeaient vendredi le retour immédiat de la démocratie (Photo AFP) Alors que le bilan du coup d’état est sévèrement critiqué après six mois de gouvernement, le chef du Conseil National de Sécurité (CNS) demandait mardi dernier au Premier ministre de déclarer l’état d’urgence sur la capitale afin de contrer l’éventuelle montée en puissance d’un mouvement de protestation anti-coup devenu hebdomadaire. Un mouvement de recul dans le processus de retour à la démocratie qui n’a fait qu’endommager davantage la cote de popularité des putschistes, en baisse continue depuis ces derniers mois. Cela dit, la réponse du Premier Ministre, jeudi, a été que "la situation n’est pas suffisamment inquiétante pour recourir à l’état d’urgence même si le gouvernement se tient prêt à réagir en cas de besoin". Surayud Chulanont a ensuite annoncé que des élections parlementaires auraient lieu le 16 ou le 23 décembre et qu’un référendum sur la nouvelle constitution se tiendrait en septembre au plus tard. Bien qu’une partie de l’opinion a félicité le Premier ministre pour s’être opposé à la requête militaire, cette annonce, a selon certains peu de chance d’apaiser les esprits. En effet, certains analystes affirment que décembre est une échéance irrecevable pour les détracteurs du coup qui exigent ni plus ni moins le retour immédiat à la démocratie. D’autant que les nombreux effets d’annonce lancés jusqu’à présent sans suite ni résultats, ont sérieusement entamé la confiance générale envers les déclarations des autorités.
Manifestation au Bangkok City Hall D’ailleurs, vendredi, au lendemain de la fameuse déclaration, entre 2.000 et 3.000 personnes se sont rassemblées devant l’Hôtel de Ville de Bangkok pour conspuer à nouveau la junte et son gouvernement, et exiger le retour immédiat à la démocratie. Habituellement, les rassemblements populaires se font à Sanam Lunag, face au Grand Palais, mais vendredi matin, les autorités avaient décidé de fermer l’esplanade jusqu’au 5 avril pour contrecarrer les plans des manifestants. Pendant la manifestation, qui a duré jusque vers 23h, les forces de police se sont faites discrètes. The Nation hier estimait à une douzaine le nombre de groupes activistes, parmi lesquels on trouve aussi bien des anti-Thaksin que des partisans de l’ancien Premier ministre renversé par le coup d’état du 19 septembre. Les manifestants dénoncent notamment la mainmise de la junte sur l’assemblée constituante, beaucoup craignant que la nouvelle Constitution ne renforce le rôle des militaires dans les affaires du pays sans pour autant résoudre les problèmes de corruption. Par ailleurs, l’idée suggérée par certains officiels de déclarer le Bouddhisme religion nationale, fait craindre, entre autres, l’aggravation de l’insurrection dans le sud thaïlandais, comme l’expliquait jeudi dernier le journaliste Arnaud Dubus dans une conférence à l’Alliance Française. Pierre QUEFFELEC. (www.lepetitjournal.com Bangkok) lundi 2 avril 2007 |