Depuis le début de l’année, les hold-up de banques ont augmenté de 20%, provoquant une crainte grandissante chez les clients et la création d'une police spéciale. Pour expliquer cette hausse, deux hypothèses s’affrontent: diversification des activités du PCC, le plus gros gang du pays, ou complicités à l'intérieur des agences bancaires ?
200.000 réaux saisis en 2005 - Photo Police FédéraleLa Police Civile de São Paulo a crée, le 20 mars dernier, un secteur spécialisé pour lutter contre les braquages de banques. Baptisé SORB (Setor Operacional da delegacia de Roubo a Bancos), ce nouveau département entend lutter contre la recrudescence récente des vols de banque dans le grand São Paulo. Et comme pour illustrer la gravité de la situation, quatre braquages se sont déroulés en six heures, le jour même de la création du SORB ! Fin février, déjà, une première vague de braquages violents avaient secoué la zone sud de la ville, en particulier le quartier de Moema. L’opinion publique a été choquée par l’histoire de Priscila, une adolescente de treize ans qui se retrouve aujourd’hui paraplégique, victime d’une balle perdue sur l’avenue Ibirapuera, et la psychose s’empare peu à peu des clients des agences bancaires. Serait-il devenu plus dangereux qu’avant de se rendre à la banque ? Statistiquement, oui. Sur les deux premiers mois de l’année 2007, la capitale paulista a été le théâtre de vingt-cinq hold-up de banques, soit autant que les trois derniers mois de l’année 2006. Une augmentation de 20% que tout le monde n’explique pas de la même façon. PCC ou fonctionnaires corrompus ? Selon plusieurs commissaires de la Police Fédérale, cités dans le quotidien A Folha de São Paulo, il faut voir dans cette hausse la marque du PCC. La faction criminelle, pourtant, a longtemps privilégié le trafic de drogue, plus lucratif et moins dangereux, exception faite des vols de grande ampleur, comme celui de la Banque Centrale de Fortaleza en 2005, où 165 millions R$ avaient été dérobés. Mais l’asphyxie économique à laquelle est soumise le PCC depuis près d’un an par les autorités, en réponse à la vague de violence qui avait secoué São Paulo en mai 2006, a contraint l’organisation criminelle à diversifier ses sources de revenus. D’autant que la drogue venue du Paraguay, notamment le cannabis, est devenue plus difficile à faire passer depuis la construction d’une nouvelle douane de la Receita Federal à Foz do Iguaçu, traditionnel point d’entrée des stupéfiants au Brésil. La Police Civile apporte, de son côté, une explication toute différente à l’augmentation des braquages. Selon un commissaire du DEIC (DEpartement d’Investigations sur le Crime organisé), les voleurs de banques bénéficient de l’aide de fonctionnaires de sécurité de l’agence, qui leur fournissent des informations précises sur le lieu du crime. Lors du braquage de Moema par exemple, un fil de l’alarme a été préalablement coupé à l’extérieur de l’agence. Pour les policiers, seule une personne familiarisée avec le mécanisme pouvait savoir exactement quel fil couper… Bertrand BLAIS (www.lepetitjournal.com - São Paulo) 29 mars 2007 |