Créée depuis une quinzaine d'années, l’association des anciens élèves de Chateaubriand (A.A.E.L.Ch) a un double objectif : maintenir le lien entre les étudiants du lycée et diffuser la culture française. Rencontre avec sa présidente, Nurith dell’Aricia, une italienne francophone, parfaitement bilingue et consciente des enjeux de la francophonie
Comment est née l'association ?
L'association existe depuis une quinzaine d’années. Elle a été créée par un groupe
d’anciens élèves à Rome qui souhaitaient de nouveau se rencontrer. Aujourd’hui, l’A.A.E.L.Ch compte près de 3.000 membres dont près de 1.500 sur Rome. Nous sommes présents sur tous les continents. Notre doyenne est brésilienne et a 102 ans ! Elle fut la première lauréate du bac féminin du lycée en 1926.
Comment maintenez-vous le lien entre vos membres ?
Nous avons une lettre de liaison "le Colycée" qui est éditée deux à trois fois par an. Cela permet aux membres de donner de leurs nouvelles, de garder le contact et parfois de se retrouver. Nous organisons également les "X ans après le bac". Une promotion peut se revoir 5 ans, 10 ans, 20 ans ou plus après son bac et entretenir ainsi l’amitié. Nous avons aussi mis en place le réseau RALE : ce sont d’anciens écoliers de Chateaubriand, basés à l’étranger, qui se chargent d’accueillir les nouveaux arrivants venus pour leurs études ou le travail. Cet hôte ou cette hôtesse se veut un point de repère sur place pour les aider dans leur installation. À Rome, nous organisons également un tournoi de football chaque année en mai.
Outre la rencontre entre membres, avez-vous d’autres activités ?
Bien sûr. Nous participons chaque année à l’orientation professionnelle des lycéens en organisant le "Carrefour Carrières". Nous faisons ainsi venir d'anciens élèves pour qu’ils viennent parler soit de leur profession, soit de leurs études aux secondes, premières et terminales. Nous avons également pour projet de constituer un réseau d’anciens pour faire du soutien scolaire. Ponctuellement, nous commémorons la mémoire d’anciens élèves. Suite à l’attentat contre le siège de l'ONU à Bagdad en 2003, nous avons ainsi perdu 3 membres : Sergio Vieira de Mello (bac 65), Nadia Younes (bac 79) et Jean-Selim Kanaan (bac 87). Aujourd’hui, une plaque a été installée à Chateaubriand en leur mémoire. Au niveau général, nous essayons de sensibiliser les gens à la francophonie en soutenant notamment toute initiative en ce sens. Pour nous, la cohabitation de nationalités, religions, langues et cultures différentes que nous avons pu connaître à Chateaubriand est un enseignement précieux. Nous souhaitons donc le développement de la culture française dans une approche européenne et transnationale.
Propos recueillis par Sara FREDAIGUE. (www.lepetitjournal.com - Rome) mercredi 28 mars 2007