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De la "camelote", prétendait Signac, qui se trompait. Au Musée Guggenheim de Berlin, un hommage est rendu aux divisionnistes italiens. Reconnaissance tardive d’un mouvement artistique aussi riche qu’original, jusqu'au 15 avril 
Guiseppe Pellizza da Volpedo, La marche de l'Internationale anarchiste, 1898-1901. Milan, Civica Galleria d'Arte Moderne. Copyright: Deutsche-Guggenheim, Berlin Révolue l’époque où gazettes et salons parisiens taxaient de "fumisterie" les orientations italiennes des années 1880-1910. Le problème, pourtant, est que le Paris d’alors jouait un rôle majeur dans la réception de l’art contemporain. Sa sentence condamnant les divisionnistes à l’insignifiance allait plonger dans l’oubli trente ans de création transalpine. Selon les historiens, ce parti pris serait à mettre sur le compte d’une rivalité datant de la Renaissance, alors que la France et l’Italie se disputaient la première place artistique en Europe. Il faudra attendre 2001 pour que le musée d’Orsay rende enfin hommage "à ces grands artistes mal connus en France" dont les travaux "témoignent d’un foisonnement profondément original". Témoins de leur temps Foisonnement profondément original, même si les divisionnistes utilisent un procédé issu du pointillisme. Décomposition de la lumière, couleurs pures étalées par touches rapides, d'après une technique née en France, inspirée de la Loi du contraste simultané des couleurs du chimiste Michel-Eugène Chevreuil (1839). Une théorie que devait étayer quelques années plus tard l’Américain Odgen Rood dans Modern Chromatics. Vittore Grubicy De Dragon. Mer brumeuse, 1885. Collection privée. Copyright Deutsche-Guggenheim, Berlin
Tout en appliquant à leur art les acquis de la science, les Italiens se considèrent comme témoins de leur temps. Alors que par exemple Signac répond aux émeutes parisiennes par des images pacifiées (Au temps de l’harmonie), Emilio Longini ou Guiseppe Pellizza da Volpedo dénoncent la pauvreté, la condition ouvrière, les répressions policières. Sans que le militantisme ne se substitue à la peinture. Il Quarto Stato de Pellizza da Volpedo est d’ailleurs considéré comme l’une des œuvres les plus abouties. Mais on compte aussi un certain nombre de pinceaux moins engagés ou à tendance symboliste, comme Plinio Nomellini, Angelo Morbelli, Vittore Grubicy De Dragon. Autant dire que l’exposition actuellement présentée à Berlin - une première en Allemagne - constitue une formidable découverte. Surtout qu’y sont également accrochés des Seurat, Signac et Pissarro. Ressemblance, parfois, mais pas bouture et encore moins "camelote"! Jacqueline DELOFFRE. (www.lepetitjournal.com - Berlin) jeudi 29 mars 2007 Divisionnisme – Néo-impressionnisme – Anarchie. Jusqu’au 15 Avril au musée Deutsche Guggenheim, Unter den Linden 13/15. Tous les jours 11h-20h, jeudi jusqu’à 22h. Internet: www.deutsche-guggenheim.de |