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Les manifestations se suivent et ne se ressemblent pas. Deux semaines après les drapeaux rouge et or, les pancartes et slogans "por una vivienda digna" se sont emparés des rues. Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi dans toute l’Espagne pour défendre le droit au logement pour tous "Que lèvent la main ceux qui ont le droit au logement mais qui ne peuvent pas payer!"
56 villes d’Espagne ont été appelées à manifester samedi sous le slogan "La vivienda es un derecho, no un negocio" ("Le logement est un droit, pas un business"). La plus grande concentration a eu lieu à Madrid, Puerta del Sol : 5.000 personnes selon la Police, entre 15.000 et 20.000 personnes selon les organisateurs. Depuis mai 2006, c’est la quatrième grande manifestation organisée. Les pages web spécialisées, mails et forums ont véhiculé le message et mis le feu aux poudres chez beaucoup de jeunes. L’Assemblée contre la précarité et pour un logement digne, l’un des collectifs organisateurs de la manifestation, s’est créée après les évènements de mai 2006. Trois mille manifestants s'étaient alors spontanément rassemblés en un sit-in géant dans le centre de Madrid
Protester pour un droit constitutionnel "Le droit au logement est inscrit dans la Constitution ! Nous protestons à répétition car nous avons le droit de nous loger, c’est évident ! Nous appelons même les politiques à se joindre à nos manifestations", déclare José Luis, l’un des 80 membres de l’Assemblée. Sans trop d’illusions toutefois : "Leurs réactions ont toujours été vives et négatives et aucun n’est jamais venu. Pourtant il s’agit d’une réelle crise". Fabiola est professeur d’anglais à Getafe. Elle préfèrerait vivre dans le centre mais on lui a offert ce poste dans la banlieue sud de Madrid. Elle paye 800 euros par mois pour un appartement de quarante mètres carrés, charges non comprises : "je loue parce que je n’ai pas envie de m’endetter à vie comme beaucoup de mes concitoyens pour une voiture ou un appart. Une de mes collègues, qui a la cinquantaine, cherche un appartement et elle ne trouve pas pour son budget. Pour avoir quelque chose de correct, la colocation reste le meilleur moyen".
300.000 logements vacants La Plataforma por una vivienda digna, autre collectif, rappelle qu’ "en Espagne, il y a trois millions d’habitations vides. Le logement n’est pas accessible parce que c’est devenu un marché où l’on spécule, vend et loue, sans se soucier de la basique nécessité sociale". Depuis presque dix ans, le prix des logements à Madrid aurait augmenté en moyenne de 147%, selon le collectif Covijo. Et 300.000 logements demeurent inoccupés. Mais le phénomène ne concerne pas uniquement les moins de trente ans. Les populations immigrées, les familles monoparentales et les personnes âgées sont également affectées. Aujourd’hui, 25 % des Espagnols n’ont pas accès à un toit. M.D et L.D (www.lepetitjournal.com - Madrid) lundi 26 mars 2007
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