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JOURNÉE MONDIALE – L’eau, richesse naturelle en danger Suggérer par mail
jeudi 22 mars 2007
«Faire face à la pénurie d’eau» est le thème de sensibilisation choisi cette année par l’ONU pour la journée mondiale de l'eau. En pleine saison des pluies dévastatrices au Brésil, le débat parait provocateur. Mais malgré la profusion apparente, les menaces pèsent sur les eaux douces du Brésil.

Sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, la journée mondiale de l’eau a lieu chaque année depuis 1993. L’ANA (Agencia Nacional de Águas) et d’autres autorités brésiliennes, se réunissent aujourd’hui à Foz do Iguaçu, pour un séminaire sur la défense des eaux brésiliennes. Ce collectif appelé «SOS H20» doit s’engager sur une liste de recommandations quant à la gestion de l’eau.

Rencontre des eaux du Rio Negro et du Solimões - Photo LPJ

Le Brésil détient 12% de l’eau douce de la Terre : l’Amazone qui la traverse dans sa moitié nord ouest, est la première rivière au monde en termes de volume d’eau drainé ; le site d'Iguaçu, au sud, rassemble près de 300 chutes d’eaux. Cette richesse naturelle permet le développement économique du Brésil : 80% de l’eau consommée dans le pays est utilisée pour l’agriculture et l’élevage, 11% par la population et 7% par l’industrie. Le taux de pénétration d’eau potable dans les foyers, est estimé entre 75 et 90%. Bien lotie dans le domaine de l’eau, le Brésil doit faire face aux mêmes problématiques que les pays développés : éviter le gaspillage dans son usage agricole et domestique. Cependant, le pays doit veiller à l’assainissement de l’eau (seuls 54% des foyers sont équipés en égouts), pour éradiquer les maladies dont elle peut être porteuse.
Trop d’eau ou pas assez
Les chutes de pluies dans les états du sud sont responsables de graves inondations, qui emportent des vies, balayent des villages et détruisent des plantations. Dans la vie quotidienne, les averses paralysent la ville, entravent la circulation et contraignent les avions à rester au sol. Mais cette sur-abondance masque une profonde disparité et ne compense pas la pénurie d'eau dans la région Nordeste. Fin 2006, le gouvernement a versé 3,6 milliards de réaux pour venir en aide à 1.300 municipalités du Nordeste et du Minas Gerais, durablement touchées par la sécheresse. La redistribution de l’eau au niveau du pays, est un des défis du Brésil, où la répartition géographique de l’eau douce est radicalement différente de celle de la population. Une des missions de l’ANA est de mettre en place la politique nationale des ressources hydriques, instituée début 1997 et connue sous le nom de Lei das Águas. Ce dispositif légal est inspiré du modèle français et permet la gestion participative et décentralisée de ce «bien universel». 
Enfin, une autre menace pèse. Selon une étude de WWF parue le 20 mars, le bassin du Prata, composé des rivières Paraguay, Uruguay et Paraná, serait en train de s’assécher. Le bassin compte 27 barrages et cette « fragmentation » des canaux naturels, combinée à la déforestation, rompt l’équilibre écologique et conduit au dessèchement.
LB (
www.lepetitjournal.com) 22 mars 2007
 
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