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SOCIETE - Une organisation civile en danger |
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mercredi 21 mars 2007 |
Le Groupe pour le dialogue social (GDS), première organisation civile après la révolution de 1989, risque de perdre ses locaux. Ses prises de position contre la corruption et pour la réforme de la justice dérangent une partie de la classe politique qui a décidé de le faire taire
Le numéro de l’hebdomadaire Revista 22 du 6 mars titre “Non à la corruption!” (photo: LPJ).
Situés au numéro 120 de la calea Victoriei, les locaux du Groupe pour le dialogue social (GDS) sont bien connus des artistes et intellectuels bucarestois. Ils abritent notamment le journal Revista 22, une librairie Humanitas et le club de jazz Green Hours. Aujourd’hui, le GDS pourrait perdre son siège bien qu’il soit propriété du ministère de la Culture. Le 27 février, le Sénat a rejeté une ordonnance d’urgence du gouvernement qui annulait l’une des annexes d’une loi de 2006 prévoyant la saisie des locaux du GDS. Reste à voir si la Chambre des députés suit la décision du Sénat et décide de l’éviction de cette organisation civile emblématique de la lutte pour les libertés et les droits de l’homme en Roumanie.
Une fondation fantoche C’est la Fondation nationale pour la jeunesse, “méconnue et remplie d’escrocs” selon les responsables du GDS qui pourrait bénéficier des locaux et même en devenir propriétaire. “Le Sénat a rejeté l’ordonnace le jour même où notre groupe a organisé un meeting de soutien à la ministre de la Justice, Monica Macovei, qui lutte depuis le début contre la corruption”, s’insurge l’historien Armand Gosu. Pour les membres du GDS, l’affaire est d’autant plus honteuse que cette fondation pour la jeunesse n’a pas d’objectifs clairs. Selon son président, Nicolae Mavrodin, la fondation aurait inventé un générateur électrique capable de produire de l’énergie thermique et électrique à un prix 100 fois inférieur à celui proposé aujourd’hui sur le marché mondial…
Le GDS souvent soumis au chantage Dans un entretien au Petitjournal, Radu Filipescu, président du GDS, affirme qu’il est “très important pour la société civile d’avoir un lieu de dialogue (…) Et puis le GDS a toujours soutenu les défenseurs des libertés qui avaient besoin d’un lieu où s’exprimer.” La semaine dernière une cinquantaine d’organisations civiles ont écrit une lettre ouverte aux parlementaires pour que le siège du groupe ne soit pas saisi. Pour la rédactrice en chef de Revista 22, Rodica Palade, “depuis le début des années 1990 la saisie du siège du GDS a toujours été un mode de chantage car nos prises de position ont souvent dérangé la classe politique.” F.C. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) jeudi 22 mars 2007
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