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En moins d’une décennie, Internet s’est inséré dans les règles traditionnelles du jeu politique. Cependant, l’usage d’Internet dans les stratégies des candidats reste une pratique quasi-publicitaire à l’impact incertain
Site de Ségolène Royal Internet fait désormais partie de la panoplie de l’homme politique, et de tous les acteurs qui souhaitent se donner une image "technologiquement correcte". Canal d’information et de communication efficient, Internet atteint en temps réel et à moindre coût un grand nombre d’électeurs potentiels, notamment les jeunes qui utilisent intensivement cet outil. Internet peut participer à la popularisation des hommes politiques, qui semblent plus humains et plus accessibles (cf. blogs personnels, chat en direct, etc.) et contribuer à réduire le fossé entre les citoyens électeurs et leurs représentants. Mais l’impact auprès de l’électorat reste aléatoire, comme le suggère un article publié dans Le Monde le 27 février dernier. À partir d’entretiens menés auprès des responsables de campagne des deux principaux candidats à la présidentielle de 2007 - Nicolas Sarkozy (UMP) et Ségolène Royal (PS) -, on devine que la politique ne se joue plus devant un auditoire attentif à des propositions, mais qu’il existe désormais une dimension de marketing politique qui peut influencer de manière décisive et parfois inattendue l’électorat. Cependant, comme l’instrumentalisation politique d’Internet est un phénomène nouveau, ni les sociologues, ni les analystes politiques, ni les agences de communication ne disposent de données permettant de mesurer l’impact des "Netcampagnes" sur les choix effectifs des électeurs, notamment des jeunes dont le vote est plus volatile que celui des adultes.
Nouveau levier, nouvelle stratégie ? Avec le développement des "Netcampagnes", risque de se mettre en place une compétition publicitaire (avec les dérives financières que l’on connaît aux États-Unis) et non politique entre les candidats, faisant de la course médiatique l’enjeu ultime des échéances électorales. En effet, en donnant la priorité à l’image et à la personnalité, au détriment des idées et de l’action, les "Netcampagnes" se transforment en "vitrines" derrière lesquelles les candidats se montrent sous leur meilleur jour et mettent de côté le but principal d’une campagne électorale: celui de véhiculer et de partager des visions du monde et de mobiliser les citoyens autour de projets concrets. Le risque est alors que l’électeur se laisse distraire, voire duper au point d’élire un candidat en fonction d’une image mythifiée, sans tenir compte des engagements du candidat et du programme de son parti. C’est pourquoi les "Netcampagnes" constituent une stratégie complémentaire, plus qu’alternative, aux canaux traditionnels de communication (meetings, campagnes d’affichage, débats télévisés, émission de radio) dont l’ambition première doit être de stimuler la réflexion et le débat citoyen.
Saskia Brami, étudiante au lycée Gustave Eiffel, Cachan et Alexandrine Brami-Celentano (photo), doctorante à Sciences Po Paris et directrice d’ABCprepa pour (www.lepetitjournal.com - São Paulo) mercredi 21 mars 2007
Lien vers l'article cité (Le Monde, 27 février 2007) ABCprepa, cours préparatoires aux Grandes Écoles et Universités françaises à São Paulo (www.abcprepa.com) |