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Dolce vita, sole e gelati font rêver de France, de Belgique ou d’ailleurs. Pourtant, avant de faire le grand saut et de s’installer en Italie, mieux vaut connaître le marché du travail italien. Entre rêve et réalité, il faut savoir trancher. Marie-Annick Fournier, du Comité Consulaire pour l’Emploi et la Formation Professionnelle (CCPEFP) dresse un point sur les réalités économiques du pays. LPJ : Quels sont les caractéristiques du marché du travail italien ? Marie-Annick Fournier : La précarité et des salaires faibles. J’ai le sentiment que tout a basculé en 2000. Jusque là, nous avions des salaires et des contrats normaux à proposer. Avec l’arrivée du Jubilée en 2000 et le passage à l’Euro en 2002, le coût de la vie a augmenté et les salaires ont baissé. Quand on regarde les chiffres, entre 2001 et 2006, c’est une baisse pouvant aller jusqu’à 7,6% dans le secteur informatique. Entre 2005 et 2006, le salaire des jeunes dans le secteur marketing-vente a baissé de 5,2%. Aujourd’hui, le salaire moyen proposé est de 900 euros nets par mois. On est loin du SMIC français. Des salaires minimaux sont prévus par les Conventions Collectives Nationales (CCNL). Il n’existe pas non plus de R.M.I. Ceci dit, ce revenu est une spécificité française. Quant aux allocations chômage, elles ne peuvent pas dépasser 6 mois et 40% du salaire. Marie-Annick Fournier du Centre Consulaire pour l'Emploi et la formation (photo : Sara Fredaigue) LPJ : Quels sont les types de contrats proposés ? Marie-Annick Fournier : Les offres que je reçois actuellement concernent beaucoup les call centers. Les contrats à durée indéterminée se font rares. Nous avons également beaucoup de contrats à projet (contratto a progetto). Ce dernier est similaire à un contrat à durée déterminée puisqu’on est embauché pour un projet. La comparaison s’arrête là. Dans le contratto a progetto, le salarié se retrouve sans paiement de ses jours d’absence en cas de maladie. Il n’a pas droit non plus aux congés payés, ni au 13ème mois qui est la règle en Italie, ni bien sûr au TFR (salaire mensuel bloqué sur un compte et redonné au salarié en fin de contrat) et les cotisations pour la retraite sont très basses (moins de la moitié par rapport aux CDD ou CDI). La loi 30 dite "Biaggi" a créé le contrat à projet. Elle devait permettre de blanchir le travail au noir. Elle a surtout permis aux employeurs d’embaucher à moindre coût tout en restant dans la légalité. LPJ : Combien de temps faut-il compter pour trouver du travail sur Rome ? Marie-Annick Fournier : C’est difficile à dire. Il faut se donner entre 3 et 6 mois pour trouver un emploi correspondant à ses souhaits ou sa formation. Durant les premiers mois, on peut travailler dans des call centers, dans des boutiques, faire du soutien scolaire, c’est à dire de l’alimentaire. L’impératif avant de commencer toutes démarches est de maîtriser parfaitement l’italien. Les entreprises sont très exigeantes sur ce point.
Propos recueillis par Sara FREDAIGUE. (www.lepetitjournal.com - Edition Rome) mardi 20 mars 2007. |