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Jeudi, le cinéma Attikon se prépare à accueillir La Môme Piaf marquant ainsi le coup d’envoi du 8ème festival du cinéma francophone à Athènes. Marion Cotillard nous offre une vibrante incarnation, dans une fresque à la fois grand spectacle et resserrée sur son personnage. En avant la musique La Môme, une vie pas toujours rose... (Photo TFM Distribution)
Pas si facile de s’attaquer aux icônes. La vogue des biographies donne souvent des résultats mitigés. En s’attachant à Edith Piaf, c’est au cœur et à une certaine âme française que s’adresse Olivier Dahan. Evidemment, le temps passe et la petite dame en noir peut sembler lointaine. Elle demeure pourtant, avec un mélange de puissance et de fragilité qui fait les légendes, d’une étonnante proximité. La preuve en est le flot d’hommages télévisés et le nombre de couvertures et d’articles suscités par l’annonce de la sortie de La Môme. Le feu qui couvait, ne demandait qu’à être rallumé. Et l’on peut d’ores et déjà parier sur un beau succès en salle. Qu’on y voit une nostalgie pour les grandeurs d’antan ou le signe de l’éternité de l’émotion authentique, il se joue là, à la fois quelque chose de notre patrimoine, de notre identité propre et quelque chose d’universel. Du caniveau des faubourgs aux plus grandes salles internationales, voila une histoire de Cendrillon camée et alcoolique au talent transcendant et aux douleurs insondables, une histoire d’amour foudroyée et mortelle... un mythe.
Son manège à elle Reste à réussir l’incarnation. A ce titre, Marion Cotillard se voit offrir un rôle immense et l’occasion d’une performance d’anthologie. C’est peu dire qu’elle semble habitée par le personnage. On frôle la possession. Sa prestation est si frappante que sa frêle personne apparaît comme la clé de voûte sur laquelle reposerait tout l’édifice. C’est vrai et un peu injuste. Elle est en réalité portée par l’utilisation d’images inscrites dans la mémoire collective. Jeune, vieille, malade ou sur scène, les archives sur Piaf ont été vues et revues. Il ne s’agit plus alors d’inventer une iconographique mais de la recycler, de la réinvestir par le détail, ce qui est fort habillement fait. Par ailleurs, le choix d’un scénario qui s’étale dans le temps mais limite sa description de l’entourage, pourtant fameux, à quelques figures, s’avère payant. En évitant la bio exhaustive, Olivier Dahan laisse place à l’émotion, au risque d’une certaine insistance. Le film fait riche, mais à quoi bon pinailler. Mieux vaut se laisser emporter par la foule et griser par l’accordéoniste et le tourbillon de la fresque.
Jean Marc JACOB. (www.lepetitjournal.com - Athènes) mardi 20 mars 2007
8ème Festival du Cinema francophone, du 22 mars au 1er avril : ICI
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