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DANSE - Une relecture de Médée |
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jeudi 02 juin 2005 |
Le metteur en scène et chorégraphe Mauricio Wainrot a présenté pour la première fois mardi dernier le ballet Medea au Théâtre San Martin. Une redécouverte traduite en danse de la tragédie du dramaturge grec Euripide (-480 ; -406 av. JC), peintre des passions humaines
Maximiliano Guerra en Jasón et Silvina Cortés en Médée, dans un de leurs magnifiques duos. (Photo : Courtoisie Presse TGSM)
Accompagnés du Ballet Contemporáneo du Teatro San Martín, Maximiliano Guerra donne vie à Jason, et Silvina Cortés, à Médée. Leurs enfants, une fille et un garçon sont placés au cœur de l’action ainsi que Créüse, la malheureuse rivale de Médée, et le Centaure, toujours présent. Jasón y est représenté comme un homme ambitieux, fragile : le mythe de la Toison d’Or y est toujours présent. Mais Jason est aussi un père aimant. Connaissant l’amour de Jason pour ses enfants, Médée, personnage violent et sanguinaire, décide de se venger de l’infidélité de son époux en tuant ses deux enfants.
Le début est marqué par l’amour, la tendresse et les caresses qui finissent dans des expressions de haine et de vengeance au cours des très nombreux, duos et solos, magnifiques dans leur expressivité, de Maximiliano Guerra et de Silvina Cortès. Mauricio Wainrot à fait appel seulement à quelques garçons et filles. Quatre danseuses du Ballet Contemporáneo du Teatro San Martín s’y détachent. Celles-ci représentent quatre magiciennes-déesses qui forgent le destin de tous les protagonistes de cette tragédie qui se focalise dans un tissu de passions intimes et familiales.
Une ambiance tragique
Des tuniques vaporeuses et soyeuses donnent une légèreté nécessaire aux personnages féminins qui contrebalancent heureusement avec le vestiaire strict et aux allures militaires des interprètes masculins. Au final, les capes en forme de cocons de soie rouge sang, se déploient telles de enveloppes de mort. Les tonalités sont sombres, accentuées par une illumination faite de pénombres. Cette ambiance tragique est scandée par la musique de Dimitry Shostakovich faite surtout de quatuors à cordes. Sonorités dramatiques, lancinantes et arides qui plongent le spectateur dans une situation d’angoisse permanente.
Marie-Anne DUPORTAIL. (LPJ) 3 juin 2005
Médée
Direction et chorégraphie : Mauricio Wainrot
Avec la participation de Maximiliano Guerra, de Silvina Cortès et du Ballet Contemporáneo del Teatro San Martín
Musique : Dimitry Shostakovich
Illumination : Eli Sirlin
Scénario et vestiaire : Carlos Gallardo
Teatro San Martin, Av. Corrientes 1530
Entrée : 12/15 pesos. |