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À l'occasion de l'ouverture du festival France en scène, un hommage était consacré au réalisateur et metteur en scène Patrice Chéreau à l'Akademie der Künste. La rencontre fut l'occasion pour le célèbre artiste français de revenir sur sa carrière avec sincérité devant un public berlinois désireux d´approcher ce brillant touche-à-tout

Flash-back pour Patrice Chéreau. (Photo. Akademie der Künste) C'est d'une voix calme, charmante et posée que Patrice Chéreau est d'abord revenu sur ses débuts de réalisateur, "Quand j'étais au lycée, j'étudiais la langue et la littérature allemande. En cinéma, mon modèle était Orson Welles. J'étais mauvais acteur, ce n'est qu'ensuite que je me suis mis à la réalisation. Au début j´essayais de séparer le théâtre du cinéma, et c'était une erreur". Pourquoi faire les deux, à propos? "Eh bien, parce que c'est le même métier!", dit-il simplement. Quand on lui demande si son œuvre est marquée par l´influence de la peinture, il répond, "Mon père et ma mère étaient tous les deux peintres et j'ai grandi au milieu des pinceaux. Je crois que la peinture est un art plus prestigieux que le mien. Mais les évocations de peintres dans mon travail viennent de manière inconsciente, comme dans "La reine Margot". Aujourd'hui j´essaie de me libérer de l'influence de la peinture." "Je m'améliore!" Patrice Chéreau parle souvent de son travail avec les acteurs, "Il faut beaucoup travailler avec eux, car le réalisateur doit les aider quand ils ne savent pas où aller. Mon devoir est de raconter des histoires, à l'écran ou à la scène, mais il est très dur de bien le faire. Lors du tournage de "Gabrielle", j'étais tout d'abord fâché car les acteurs ne "jouaient" pas. Mon devoir est d'être le meilleur observateur possible pour guider les acteurs vers le bon chemin." Mais Patrice Chéreau est avant tout motivé par une soif d'apprentissage intarissable, "Je continue toujours d'apprendre et je progresse encore, même s'il ne me reste plus tellement de temps. Ma mère, à 90 ans, avait fait un dessin, puis en se tournant vers moi elle m'avait déclaré, "Je m'améliore !" Il ne s'inquiète pas non plus du futur et confie de sa voix sereine "Je n'ai pas de plan de carrière, et j'aime être surpris." Visiblement touché par cette belle leçon d'humilité, le public a longuement applaudi le maître. À quand la prochaine séance ? Benoît ZIEGLER. (www.lepetitjournal.com - Berlin) mercredi 14 mars 2007 Bio. Patrice Chéreau est né à Lézigné, dans le Maine et Loire, le 2 novembre 1944. C´est au Lycée qu´il fait ses premiers pas de metteur en scène. Il prend la direction successive de nombreux théâtres dès 1966 et commence à travailler régulièrement en tant que metteur en scène. En 1974, il réalise son premier film, La chair de l´orchidée. En 1976, Pierre Boulez l´invite à mettre en scène la Tétralogie de Wagner à Bayreuth. Il poursuit sa carrière de réalisateur/metteur en scène et accumule les succès. En 2000, il décroche l´Ours d´or à Berlin avec un film sulfureux, Intimité, qui lui vaudra un grand succès auprès du public. |