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Les Espagnols se sont déplacés en masse samedi pour soutenir la manifestation organisée par le Parti Populaire. En hommage aux victimes du terrorisme et contre la prison atténuée accordée à de Juana Chaos, les drapeaux et les slogans se sont emparés des rues de Madrid
Une marée de drapeaux espagnols a déferlé samedi dans les rues de Madrid (photo LPJ) Samedi, le centre de Madrid a pris les couleurs rouge et or des milliers de drapeaux espagnols brandis. Selon les autorités régionales de Madrid, ce sont plus de deux millions de personnes qui ont fait le déplacement jusqu’à la Porte d’Alcalá, répondant à l’appel du PP. Le gouvernement avance le chiffre, beaucoup plus modeste, de 340.000 participants. Le cortège, avec en tête les représentants du parti de l’opposition, s’est dirigé jusqu’à la Place Colón, alors que toujours plus de personnes s’amassaient dans les rues parallèles au trajet. Les trottoirs, les chaussées et les monuments ont été investis par les Rojigualdas (nom du drapeau espagnol) tenus par la population de tous âges.
Contre la décision du gouvernement Madrilènes ou de toute l’Espagne, certains sont venus grâce aux bus affrétés par le PP, d’autres par leurs propres moyens. Carmen, 51 ans, a fait le déplacement de Murcie "en hommage à toutes les victimes du terrorisme" et pour "s’opposer au Gouvernement dans l’affaire de Juana Chaos". Au centre de la polémique, l’atténuation de peine accordée à ce dernier suite à une grève de la faim entamée en novembre 2006. Le Gouvernement lui a autorisé une semi-liberté très contestée. "Cet homme-là a tué 25 personnes en 1986", rappelle Javier, un Madrilène. "Il est condamné et on le laisse sortir de prison pour du chantage ? Je le refuse et mes concitoyens aussi !".
Unis derrière Rajoy L’atmosphère était calme, mais le ton des slogans qui s’élevaient de la foule était vif. Beaucoup ont réclamé la démission de Zapatero ; d’autres ont scandé une "Espagne unie", que le terrorisme de l’ETA ne doit pas faire vaciller. Acclamant le cortège jusqu’à la statue de Christophe Colomb, les manifestants se sont tus pour écouter respectueusement les propos de Mariano Rajoy, leader du PP et leur leader pour l’occasion. Avant de reprendre massivement le "¡Basta ya !" ("Ca suffit !") qui ponctuait son discours. La veille de la commémoration des attentats du 11 mars 2004, Madrid a donné l’image d’une Espagne unie, "qui ne sera jamais vaincue". Un pays qui se rappelle aussi que les attentats l’ont meurtri une centaine de fois au cours des vingt dernières années. La manifestation s’est terminée au son de l’hymne national espagnol et sur un cri collectif de "Viva España". Marc DESMAILLET. (www.lepetitjournal.com Madrid) – lundi 12 mars 2007
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