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SANTE - Accompagner la mort |
| Ecrit par Herve HEYRAUD,
le 02-06-2005 22:00
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Un dispositif d’écoute téléphonique pour accompagner la fin de vie, s'informer, en parler connaît ses débuts en France. Pour permettre aux proches de malades en phase terminale de sortir de leur solitude
Avec les progrès de la médecine, la fin peur durer longtemps. (Photo : AFP)
La phase ultime de la maladie plonge inévitablement les proches dans un douloureux effroi. D’un point de vue matériel d’abord, pour savoir où accueillir le mourrant, ou connaître les techniques pour soulager sa douleur. Et d’un côté psychologique aussi, lorsque les angoisses ressenties n’ont d’égales que la solitude propre à ce moment si particulier à traverser.
Aussi, le numéro azur (sur toute la France : 0 811 020 300) mis en place fin mai par le ministère de la Santé est une excellente initiative. Cette ligne téléphonique « pour accompagner la fin de vie, s'informer, en parler », qui est ouverte du lundi au samedi de 8h à 20 h, propose deux niveaux d’écoute.
Un devoir d’accompagnement
Des téléconseillers de la ligne Cancer Info Service, tous professionnels de la santé, traitent d’abord les demandes d'information et d'orientation à partir d'un répertoire de structures de proximité spécialisées en soins palliatifs et contre la douleur. Quand une écoute plus spécialisée ou une disponibilité plus grande se révèlent nécessaires, des psychologues ou des personnes ayant déjà l'expérience de l'accompagnement des fins de vie interviennent alors à partir de la Fondation Croix-Saint-Simon, à Paris.
Voilà une dizaine d’années que les pouvoirs publics se confrontent à la place de la mort et de son accompagnement dans notre société. La psychologue Marie de Hennezel a beaucoup œuvré en ce sens . Son rapport Fin de vie : le devoir d’accompagnement a contribué à l’élaboration de la loi sur la fin de vie adoptée en avril dernier qui autorise les arrêts de traitements, ainsi que les prescriptions d'antidouleur au risque de provoquer la mort.
Cependant, même sans parvenir à cette question fatale, il arrive que grâce aux progrès de la médecine, l'agonie dure longtemps. Or, si on doit la même considération à celui qui va mourir qu’à celui qui va naître, selon les mots de Philippe Douste-Blazy, on doit aussi entourer ceux qui l’accompagnent.
Anne LAPIERRE. (LPJ) 3 juin 2005
Des ouvrages récents sur la fin de vie — Propositions pour une vie digne jusqu’au bout, Marie de Hennezel (Seuil) : Cette version abrégée et simplifiée des propositions faites par la psychologue au ministère de la Santé dresse d’abord un état des lieux des réactions face à la mort. Puis elle suggère tout ce qui pourrait être fait pour amener la France à une culture de l’accompagnement. — La mère des batailles, Benjamin Pelletier (Editions de l’Olivier) : Deux après le décès de sa mère âgée de 48 ans, l’auteur raconte avec une qualité littéraire belle et détaillée sa cohabitation avec la peur, ou le cheminement de sa propre lucidité. Il trouve les mots justes sur des instants qui d’ordinaire laissent muets. Sans pathos, mais avec une magnifique précision. — Je ne suis pas un assassin, Frédéric Chaussoy (Oh éditions) : Le réanimateur qui, en 2003, a aidé Vincent Humbert à mourir explique les dilemmes qui l’ont assaillis entre la souffrance d’une mère d’un côté, et la loi de l’autre. — La dernière leçon, Noëlle Chatelet (Seuil) : A 92 ans, Mireille Jospin a planifié la date de sa mort et tenté d’y préparer ses enfants. Dans un récit jamais morbide, sa fille cadette raconte le douloureux apprentissage de la mort. — Dies Irae, Danièle Saint-Bois (Julliard) : Alicia D., 54 ans, convient avec son médecin que la souffrance provoquée par son cancer du foie a assez duré et qu’il faut y mettre un terme. Le récit démarre quand l’hôpital l’appelle pour lui dire qu’une chambre est disponible, et s’achève quelques heures plus tard. Entre deux colères, elle interpelle le lecteur : à sa place, il réagirait comment ? Un roman fort. (LPJ - 3 juin 2005)
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