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Vendredi soir à Buenos Aires, environ 30.000 personnes ont écouté le président vénézuélien, Hugo Chávez, venu pour un rassemblement contre Bush, qui se trouvait au même moment en Uruguay. La tournée latino-américaine du président des États-Unis a provoqué des manifestations dans plusieurs pays. Chávez a également signé avec Kirchner plusieurs accords de coopération 
Vendredi soir au stade Ferro, avant l'arrivée d'Hugo Chávez (photo LR/LPJ)
Le président vénézuélien, Hugo Chávez, a choisi Buenos Aires pour un grand rassemblement "pour l'unité latino-américaine" et surtout contre "Bush et l'impérialisme". Vendredi soir, quelque 30.000 personnes se sont réunies dans le stade Ferro, à Caballito, pour écouter pendant deux heures, au milieu de banderoles aux effigies de Che Guevara, Perón et Evita, une rhétorique désormais bien rodée: "L'Amérique du Nord aux Nord-américains, l'Amérique du Sud aux Sud-américains." Sa cible favorite, George W. Bush: "Nous sommes en présence d'un vrai cadavre politique. Il ne sent même plus le souffre, il sent l'odeur des morts politiques et, dans peu de temps, il deviendra de la poussière cosmique et il disparaîtra de la scène." Les références à son mentor, Fidel Castro: "Fidel dit que Bush est le président des États-Unis avec le plus bas quotient intellectuel de l'histoire." L'association des Mères de la place de Mai était chargée de la logistique, avec le soutien de mouvements sociaux et piqueteros pro-Kirchner. "Tant qu'à avoir un allié, je préfère que ce soit Chávez. Les années Menem l'ont montré, le libéralisme n'est pas bon pour l'Argentine", commentait un militant du Movimiento Evita. "Quelqu'un doit dire ce que dit Chávez, au nom de ceux d'en bas", expliquait un autre. La gauche d'opposition était également présente avec le Parti communiste, la Corriente clasista y combativa, le Movimiento socialista de los trabajadores, entre autres. Pourquoi Buenos Aires? "Mais parce que l'ennemi numéro un est de l'autre côté!" assurait un militant péroniste de Lomas de Zamora. Ce rassemblement se voulait une réponse à la tournée régionale du président des États-Unis, qui était vendredi en Uruguay, après le Brésil et avant la Colombie, le Guatemala et le Mexique. Avant d'entamer son voyage, George Bush a annoncé lundi dernier un plan d'aide économique très limité. Le président américain a promis 75 millions de dollars pour aider "des milliers de jeunes à améliorer leur anglais et pour avoir l'opportunité d'étudier aux États-Unis" et la tournée d'un bateau-hôpital… Soit l'équivalent de quelques heures de guerre en Irak (1). Un allié économique Cette lune de miel entre l'Argentine et le Venezuela n'est pas sans risque politique, tant au niveau des relations avec les États-Unis qu'avec une partie de l'opinion argentine en cette année électorale. "Le gouvernement n'a rien à voir" avec l'organisation de cet événement, a tenu à préciser le ministre des Affaires étrangères, Jorge Taiana. Officiellement, Hugo Chávez est venu signer une dizaine d'accords bilatéraux et en a profité pour organiser ce rassemblement. Comme l'a relevé La Nación, samedi, la tournée de Bush est vue comme une tentative de diviser le Mercosur. En réponse, Chávez et Kirchner ont décidé de faire avancer, avec tous les pays de la région, le projet de Banco del Sur, qui vise à donner une indépendance financière à l'Amérique du Sud, essentiellement à l'égard du Fonds monétaire international. Le Brésil et la Bolivie ont déjà dit oui au projet. Plusieurs accords commerciaux ont été signés, dont un traité énergétique pour créer une organisation américaine de pays producteurs et exportateurs de gaz. Le mois dernier au Venezuela, Kirchner a également signé un accord de production de pétrole et le gouvernement de Chávez a acheté de nouveaux bons de la dette argentine, qui permettent au pays de faire face à ses échéances. "Dans les moments difficiles, la République bolivarienne du Venezuela a été présente pour aider, non un président, mais un pays", a expliqué Néstor Kirchner à l'issue de sa rencontre avec son homologue, vendredi. Ces aides valaient bien une plateforme politique. Manifestations au Brésil et en Uruguay Au Brésil jeudi, George W. Bush a signé avec le président Lula une alliance pour promouvoir le développement des biocarburants, qui permettrait aux États-Unis de réduire leur dépendance au pétrole, dont le Venezuela est l'un des principaux fournisseurs. A São Paulo et Rio de Janeiro, des manifestations contre sa venue, comptant des militants du Parti des travailleurs de Lula, ont entraîné des affrontements avec la police. À Montevideo également, le président américain a été accueilli vendredi par des protestations. Le président uruguayen, qui dirige une coalition de gauche historiquement hostile aux États-Unis, a tenté l'année dernière de signer un accord bilatéral de libre commerce avec Washington, initiative refusée par ses partenaires du Mercosur. Pendant que Chávez allait saluer son allié Evo Morales en Bolivie, Bush poursuivait sa tournée pour tenter de rehausser l'image des États-Unis en Amérique latine, négligée par son administration depuis 2001, et dont beaucoup de gouvernements ont basculé à gauche depuis. Laurence RIZET. (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) - lundi 12 mars 2007 (1) En 2007, le budget de la défense américain pour la guerre en Irak est de 163 milliards de dollars. |