| Ecrit par BUDAPEST,
le 12-03-2007 00:00
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Le 20 février dernier, la presse révélait qu’un scandale secouait le monde musical. La pianiste anglaise Joyce Hatto, décédée le 9 juin 2006 à 77 ans et qui, malade, ne se produisait plus en public depuis 1976, avait réalisé des enregistrements suspects photo www.musicweb.uk.net
L’affaire, qualifiée de "Hattogate", a éclaté le 13 février. Un mélomane averti, mais aussi ancien ingénieur du son de la BBC et aujourd'hui patron d’une petite entreprise de production musicale, s’est aperçu qu'en chargeant l'enregistrement des études d'exécution transcendante de Liszt par Joyce Hatto sur son iPod, il tombait sur le nom d'un pianiste hongrois assez peu connu, Laszlo Simon. Possédant les deux enregistrements, il fit la comparaison. 10 des 12 études étaient effectivement semblables. Il informa alors un journaliste spécialisé. Laszlo Simon, tiré provisoirement d’une certaine obscurité, est né en Hongrie en 1948 et a émigré en Suède en 1966. Il vit actuellement à Berlin où il enseigne depuis 1981 à l’Université des Arts. Il a étudié à l’Académie de Budapest puis à Stockholm, Londres et New York et Claudio Arrau, le grand pianiste chilien, a été son dernier professeur. Récompensé par des prix internationaux, il a donné des concerts dans le monde entier sous la baguette d’excellents chefs et a beaucoup enregistré. Ses 12 études d’exécution transcendante de Liszt ont été reconnues internationalement en 1987. Membre du jury de plusieurs concours de piano, il a enseigné dans de grandes institutions et donné de nombreuses masterclasses. Après la découverte du pot aux roses Les enregistrements prêtés à Joyce Hatto ont suscité l’admiration de la critique et des amateurs pâmés qui ne trouvaient pas assez de mots pour louer l’immense talent de cette interprète, véritable phénomène pianistique. Encouragée par son mari, William Barrington-Coupe, créateur d’une marque de disques, elle enregistra à un rythme si effréné qu’à sa mort, elle laissait 119 CD d’oeuvres de nombreux compositeurs. En réalité, il s’agissait en gros d’un assemblage de morceaux de divers interprètes, plus ou moins obscurs ou célèbres. On se pose la question de savoir si elle était au courant de ces manipulations, s’il s’agissait de se venger d’une critique qui l’avait parfois éreintée lorsque dans les années 50-60, elle menait une carrière tout simplement honorable. On ne connaît pas davantage les motivations du mari, 76 ans actuellement. A-t-il agi par piété conjugale ? On serait alors enclin à l’indulgence pour ce Philémon des temps modernes souhaitant alléger les souffrances de sa Baucis. Mais il est difficile de négliger le fait que cette opération lui a rapporté un bon million de livres sterling… Colette DEHALLE. (www.lepetitjournal.com – Budapest) lundi 12 mars 2007
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