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Correspondant à Paris depuis 1986, Alberto Toscano vient de publier France-Italie: Coups de tête, coups de cœur, dans lequel il raconte avec humour les différences et les ressemblances entre les "sœurs latines". Rencontre avec un Européen d’origine italienne qui se sent chez lui à Paris
Qu’est-ce qui vous a frappé à votre arrivée en France ? En 1986, j’ai été frappé par le dynamisme économique des deux pays qui grandissaient ensemble.
Et aujourd’hui ? La France hésite entre la nostalgie et l’avenir, l’envie de parier sur l’Europe. La nostalgie d’extrême droite, celle des frontières et de la supériorité de la France, et la nostalgie d’extrême gauche, celle de la protection du modèle social, ont représenté un tiers des voix le 21 avril 2002. Le passé récent italien s’avère très dur, il n’attire pas la nostalgie. L’Italie ne peut que parier sur l’avenir.
Quelles sont les spécificités de la relation entre la France et l'Italie ? Ce sont des pays compliqués, ce qui fait leur charme. La relation franco-italienne, si étroite et si particulière, est unique au monde avec, comme en famille, la tendresse des sentiments et la sévérité des critiques. Il s’agit d’un mélange historique, culturel, et même politique, qui dure depuis des siècles. Les moments où les sœurs latines étaient l’une contre l’autre se sont révélés les plus tristes de leur histoire. Nos pays se ressemblent de plus en plus. La barrière des Alpes n’existe plus. Il y a parfois plus de barrières entre Italiens ou entre Français de régions, milieux ou origines sociales différents.
Quels adjectifs définissent le mieux les Italiens et les Français ? Les Italiens: individualistes, bordéliques, capables de se ressaisir à la dernière minute, pragmatiques Les Français: confiants en l’État, ordonnés, exigeants, nostalgiques, ambitieux Les deux (à leur manière): cultivés, généreux, fiers
Quel regard portez-vous sur les élections ? J’observe plus de réalisme aujourd’hui qu’il y a cinq ans. Les nostalgiques sont moins nombreux mais le vote sera encore conditionné par l’idéologie. La politique italienne est beaucoup plus pragmatique.
Quel est votre pronostic ? Objectivement, aujourd’hui, je m’attends à voir gagner Sarkozy. Mais il faut rester prudent dans ses pronostics, surtout en France où tout peut basculer d’un jour à l’autre. Depuis 1965, les élections ont toujours réservé des surprises. Peut-être Bayrou au second tour, mais je n’y crois pas beaucoup. En cas de victoire de Sarkozy, je n’exclus pas un rassemblement de la gauche et une victoire aux législatives. Propos recueillis par Corentine GASQUET. (www.lepetitjournal.com - Milan) vendredi 9 mars 2007
Le livre France-Italie : Coups de tête, coups de cœur, Alberto Toscano, Editions Tallandier, novembre 2006 Le livre sur Amazon.fr Un article du Monde Un article du Figaro Une interview de L’Express Alberto Toscano est ancien président de l’Association de la presse étrangère en France et président du Club de la presse européenne de Paris. |