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EMPLOI - Pour un retour au pays |
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mercredi 07 mars 2007 |
Aide au logement, bon salaire, cours de formation, Bucarest a décidé de ne pas lésiner sur les moyens afin que les expatriés roumains qui travaillent à l’Ouest reviennent au pays. Un projet ambitieux qui a toutefois ses limites
Le secteur de la construction, en manque d’environ 300.000 personnes. (Photo: flickr.com)
Géré par un groupe de travail interministériel, le programme du gouvernement roumain consiste dans un premier temps à déterminer le nombre exact de travailleurs roumains à l’étranger, les répertorier par secteur d’activité et évaluer de façon précise leur rémunération. Il est aussi prévu d’”identifier” les familles de ces expatriés. Des campagnes de communication seront lancées à l’étranger sur les avantages de vivre en Roumanie. Ce groupe d’experts compte par ailleurs obtenir le soutien du patronat roumain. “J’espère que les patrons seront d’accord avec cette initiative car elle est aussi dans leur intérêt. Il ne doit pas y avoir de discrimination, ces nouveaux avantages devront être offerts à l’ensemble des salariés”, soutient le ministre du Travail Gheorghe Barbu.
Un manque cruel de personnel Sur l'année 2006, la croissance du PIB de la Roumanie a atteint 7,7% (source: Institut national des statistiques). Une économie en pleine effervescence qui a besoin de main-d'oeuvre. Dans le seul secteur de la construction, il manquerait environ 300.000 personnes (d'après le ministère du Travail). Autre domaine en forte demande, celui des nouvelles technologies qui souffre d’un manque d’informaticiens qualifiés. Depuis le début des années 1990, ces derniers s’envolent vers les États-Unis ou le Canada. Exemple: au centre de recherche très cosmopolite de Microsoft, à Redmont (États-Unis), la communauté roumaine est l’une des plus importantes. Pour les rapatrier, il va falloir “aligner” les billets. Mais le ministre Gheorghe Barbu est plutôt confiant: “Je crois que si la différence entre un salaire à l’étranger et un salaire en Roumanie n’est plus que de 100 ou 200 euros les expatriés roumains vont préférer retourner vivre dans leur pays”.
Les limites du projet Pour les analystes financiers, ces mesures d’augmentation des salaires, certes tout à fait louables, risquent cependant d’engendrer davantage d’inflation. Selon l’expert Ionut Dumitru, cité par hotnews.ro, “on ne peut pas augmenter les salaires si le rendement des employés, c’est-à-dire leur productivité au travail, est faible, car cela créera automatiquement des pressions inflationnistes.” La solution du rapatriement ne serait donc pas une panacée en soi, d’autant plus qu’il n’est pas certain que ces Roumains venus de l’Ouest aient l’intention de travailler plus et mieux pour leur pays. Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM) environ 2 millions de Roumains travaillent à l’étranger, soit près de 20% de la population active du pays. L.C. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) mercredi 7 mars 2007 |