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Ségolène Royal s’est adressée hier soir à quelques centaines de Français à Berlin, dans un hôtel de la capitale. Sur fond d’affaire Airbus, elle a présenté ses propositions aux Français de l’étranger Photo. Tim Daugs
Dans l'aula de l’hôtel Berlin, l’heure n’était pas à la mise en scène. La lumière était blanche et forte, peu d’affiches décoraient les murs, pas d’écrans géants. Simplement une grande estrade, un public franco-allemand et une batterie de journalistes à qui on avait laissé un grand tiers de l’espace. L’heure était grave, et le moment "historique", a martelé Ségolène Royal en visite à Berlin. "Ma volonté la plus profonde, c'est de rendre au couple franco-allemand la force d'initiative qu'il a perdue en Europe". Le plan de restructuration d’Airbus, dont elle doit s’entretenir aujourd’hui avec Angela Merkel, était le point fort de son discours, un moyen "privilégié" de réaffirmer que "l’Etat peut faire, [que] l’Etat doit faire". Pas d’impôt supplémentaire pour les expatriés Au-delà de l’affaire Airbus, c’est toute l’amitié franco-allemande que la candidate socialiste a déclaré vouloir redynamiser, à travers une meilleure coopération entre les universités et la reconnaissance des diplômes. Attendue sur la question, elle a déclaré "ne pas avoir l’intention d’ établir une contribution citoyenne sur les Français de l’étranger", balayant ainsi l’idée d’un "impôt Johnny", surnom donné à la proposition de Dominique Strauss-Kahn pour lutter contre les naturalisations fiscales. Elle a également insisté sur la nécessité de "mieux protéger les Français de l’étranger" grâce à une protection sociale minimale. Elle a dit vouloir leur assurer une meilleure représentation, notamment par l’instauration du vote à distance, et des conditions de formation plus adaptées. Elle souhaite ainsi "diviser par deux les coûts de scolarité" d’ici à 2012 dans les établissements français à l’étranger. Accueil mitigé Malgré un discours construit pour eux, l’énoncé du programme de Ségolène Royal n’a pas suscité chez les résidants Français un enthousiasme débordant. "Elle est intéressante" concède un étudiant. "Moi, je ne sais toujours pas pour qui voter", confie après le discours un Français résidant à Berlin depuis 3 ans. "Elle est très humaine, mais manque un peu de punch dans la rhétorique", dit une autre Française. Etait-ce le débat sur Airbus qui alourdissait l’ambiance ? Ségolène Royal était, malgré ses dires, bien loin de Pau, bien loin d’Auch et des débordements d’effusions qu’elle a pu attiser ces dernières semaines. Mais il est vrai que Berlin, capitale de l’Allemagne, n’est pas le Sud-ouest français. Cécile Boutelet. (www.lepetitjournal.com - Berlin) – mardi 6 mars 2007. |