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COMMUNAUTE - Maryse Bossière à la tête de tous les lycées français de l’étranger Version imprimable Suggérer par mail
mardi 31 mai 2005
Maryse Bossière est la directrice de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger. En déplacement à Barcelone à l’occasion des 80 ans du Lycée Français, elle a expliqué au Petitjournal.com, le fonctionnement de ce réseau mondial

Maryse Bossière, directrice de l’A.E.F.E. (Photo : LPJ)

Lepetitjournal.com : Pouvez-vous nous expliquer ce que représente l’AEFE ?
Maryse Bossière :
L’AEFE (Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger) est un établissement public sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères, qui a la double compétence de soutenir la communauté française à l’étranger et de développer la coopération culturelle dans tous les pays du monde. Cela se traduit par une centaine de personnes à la centrale, motivées et passionnées pour cette tâche, et environ 6.000 personnes à l’étranger qui correspondent au personnel d’encadrement : proviseurs, professeurs, etc. A ces milliers de personnes, on peut également ajouter une vingtaine de milliers de personnes recrutées localement et qui s’investissent tout autant.
LPJ : Comment l’AEFE est-elle structurée ?
M.B :
Il faut savoir que nous sommes le seul pays au monde qui dispose d’un réseau aussi puissant. Il y a un lycée français dans presque toutes les capitales au monde.
La politique de ce réseau est fixée par le ministère des Affaires étrangères. Et l’agence est subventionnée à hauteur de 340 millions d’euros par an. En revanche, nous sommes en contact avec le ministère de l’Education qui est celui qui assure les validités de nos programmes, l’envoi d’enseignants pour corriger, ou des inspecteurs à l’étranger.
LPJ : En termes de chiffres ?
M.B :
Il existe plus de 400 établissements à programme français dans le monde, pour 260.000 élèves. Dans ce très vaste réseau, un certain nombre dispose d’homologations, cela signifie que leur programme est reconnu par les autorités françaises et les élèves n’ont pas à passer d'examen d’un établissement à un autre. Mais tous ne sont pas subventionnés par l’Etat français ; ceux qui le sont, sont donc en relation avec l’AEFE, ce qui représente au total 270 établissements pour 160.000 élèves et environ 8.000 bacheliers par an.
LPJ : Quels sont les critères pour qu’un élève puisse suivre sa scolarité dans un lycée français à l’étranger ?
M.B :
Effectivement, nous sommes obligés d’avoir recours à un ordre de priorité puisque nous n’avons malheureusement pas de place pour tout le monde. Comme les établissements sont subventionnés à hauteur de 40% par l’Etat, et donc par les contribuables français, nous acceptons d’abord les enfants français. Nous donnons également une priorité aux enfants qui proviennent d’autres lycées français. Car l’avantage propre de ce réseau, c’est qu’un enfant peut commencer sa scolarité en Espagne, la continuer à Hong Kong ou en Thaïlande et la terminer à Mexico ou en France. Mais nous avons bien entendu le désir de scolariser des enfants qui ne viennent pas de ce réseau. Et puis nous sommes sensibles à la fidélité : on souhaite pouvoir faire bénéficier les enfants des anciens élèves, par exemple. La fratrie fait partie des priorités également ; il est évident que nous n’allons pas séparer les frères et sœurs. C’est une règle qui est d’ailleurs également appliquée en France. Et puis cela nous paraîtrait incorrect de ne pas avoir d’enfants venus du pays d’accueil.
LPJ : Selon le ministère de l’Education en Espagne, les Espagnols seraient de moins en moins nombreux à étudier le français, cette tendance se vérifie-t-elle pour le nombre d’inscriptions au lycée ?
M.B :
Je ne crois pas à un recul à terme du français et surtout pas pour un pays voisin du nôtre. Nos lycées sont justement des établissements précurseurs de tendances. De plus, comme je l’ai précisé, nous avons actuellement des difficultés à satisfaire toutes les demandes. Et il faut préciser que l’Espagne est notre deuxième réseau le plus important au monde. Il existe un lycée français dans toutes les grandes villes d’Espagne.
LPJ : Comment les lycées français s’intègrent-ils dans le cadre du système éducatif européen ?
M.B :
Dans le cadre de l’Europe, on s’achemine vers des systèmes éducatifs qui comptent plusieurs langues. Nos établissements répondent parfaitement aux attentes du biculturalisme. Et dans le but de toujours mieux adhérer aux plurilinguisme au sein de l’Union Européenne, on est passé de la philosophie des établissements dans lesquels il s’agissait de rassembler le plus possible d’élèves (comme ceux de Bordeaux ou Lille) à des établissements juxtaposés avec différentes sections de langues, qui correspondent davantage aux attentes européennes et aux attentes des parents. Il s’agit donc d’une synthèse faite à partir des différents apports éducatifs des établissements pour pouvoir avancer vers un système éducatif européen. Et c’est probablement ce qui attire les parents qui cherchent à intégrer une dimension européenne. C’est une démarche d’intégration.
LPJ : Le Lycée Français de Barcelone fête aujourd’hui ses 80 ans et ses 40 ans sur le site de Pedralbes. Quel est le plus vieux lycée du réseau ?
M.B :
Le plus vieux lycée est celui de Berlin, fondé au 18ème siècle. Les deux plus grands sont celui de Madrid et celui de Lyautey, à Casablanca. Et comme nous fêtons ses 80 ans, celui de Barcelone nous tient tout particulièrement à cœur. Il a été construit en 1924 et a déjà derrière lui une très grande tradition et histoire.
Propos recueillis par Gaëlle STEVANT. (LPJ) 30 mai 2005

Maryse Bossière en bref
Ministre plénipotentiaire de 2ème classe, Maryse Bossière est ancienne élève de l’Ecole normale supérieure technique, agrégée d’espagnol et ancienne élève de l’Ecole nationale d’administration, promotion « Solidarité ». Elle a exercé dans différents postes : premier secrétaire à Berlin de 1986 à 1988, à l’administration centrale (affaires économiques et financières) de 1989 à 1991, conseiller technique au cabinet du Premier ministre de 1991 à 1992, deuxième conseiller à Londres de 1992 à 1995, ministre conseiller à Tunis de 1995 à 1999, à l’administration centrale (inspectrice des Affaires étrangères) de 1999 à 2002. Maryse Bossière a ensuite été nommée, par décret du Président de la République, directrice de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger le 16 septembre 2002. (LPJ – 1er juin 2005)
 
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