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ABC Prépa est un cours qui entraîne de jeunes Brésiliens aux examens d’entrée à Sciences Po en France. A quelques semaines des élections présidentielles, lepetitjournal.com a demandé aux élèves leur opinion sur les candidats et la politique française. Table ronde Le cours d’Alexandrine Brami-Celentano s’est monté pour la rentrée 2007. Une quinzaine d’élèves entre 17 et 22 ans, titulaires du bac français ou non, de parents français ou non, sont en cours intensif chaque samedi depuis février, et vont, pour la plupart, présenter un dossier de candidature à Sciences Po. Passionnés par la politique, la diplomatie, le journalisme, tous ont en commun à la fois leur intérêt pour la société française et leur distance de par l’éloignement géographique. Ils débattent entre eux.
Camille et Mariana - Photo LPJ
Comment voyez-vous les prochaines élections à la présidence ? Mariana - Il y a de nombreux candidats dans le paysage. C’est le reflet de la démocratie. Priscilla - C’est la première fois qu’en France, une femme se présente. C’est un symbole énorme venant du pays des lumières. En même temps, le pays reste machiste sur d’autres points, la proportion de femmes dans la politique par exemple. Laura - Sarkozy a un discours assez radical, d’après ce qu’en rapportent les journaux. Il paraît plein de préjugés, et présente une analyse limitée de la société française. Allan - Dans la Folha, j’ai pu lire le programme social et économique de M. Sarkozy, mais il semble que Mme Royal ne se préoccupe pas des questions importantes. Elle est présentée comme populiste. Mariana - Il faut faire attention à la manipulation des informations.
lepetitjournal.com résume - Sarkozy se trouve tour à tour valorisé pour son sérieux, ou menaçant par la dureté de ses propos.
Priscilla - On ne voit pas les partis politiques de la même façon qu’en France: ici la "gauche" de Lula fait des alliances avec tout le monde, avec la droite, le centre, les extrêmes… Camille (qui est la seule à voter dans le groupe) – On ne sent pas du tout le climat des élections comme il peut y avoir en France. J’hésite entre les candidats, je ne me considère pas assez informée. Arthur – Les médias devraient être plus démocratiques et objectifs ici, comme en France. Nathalie – La stratégie des médias est différente parce que la population est différente. Elle n’est pas assez éduquée au Brésil. Laura – Entre la France et le Brésil, les stades de développement de la société sont différents, on n'a pas les mêmes attentes ici. Allan – Il y a aussi la question de l’appartenance à l’Amérique latine, versus l’appartenance à l’Union européenne. Au Brésil, on ne s’intéresse à nos voisins qu’en cas de problème.
Quels sont vos pronostics pour ces élections ? Parmi ceux qui s’expriment, les voix sont partagées. "Il peut encore tout arriver, il est trop tôt pour se prononcer", annonce l’un d’entre eux. "Le mieux, c’est qu’on se revoit après les élections, pour analyser ce qu’il s’est passé", lance une autre voix. Ce sera le mot de la fin. Rendez-vous est pris. LB. (www.lepetitjournal.com - Sao Paulo) lundi 5 mars 2007
Alexandrine Brami-Celentano (photo) - A tout juste 30 ans, cette brune aux yeux bleus de chat, dit avoir trouvé sa vocation ici, parmi ses élèves issus d’une scolarité au Brésil. Diplômée de l’école normale supérieure, doctorante à l’IEP de Paris, Alexandrine est venue enseigner au départ pour le compte de Sciences Po, dans les universités paulistas (PUC, USP, FGV). Elle a pris goût à former les jeunes esprits à la rigueur de raisonnement à la française et à la pensée en économie, sociologie, philosophie, science politique. Elle organise aussi des rencontres-débats aux publics et thèmes variés. Site Internet : www.abcprepa.com |