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SOCIÉTÉ - Les Chiliens apprentis touristes |
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lundi 05 mars 2007 |
Un demi million de Chiliens a passé cet été ses vacances en Argentine. Attiré par un service exceptionnel et des prix bas. Au fil des années, les Argentins voient évoluer le comportement de leurs voisins. Le journal El Mercurio a mené l’enquête
Les journalistes du quotidien chilien El Mercurio (édition du 1er mars) n’ont pas enquêté n’importe où. C’est à Bariloche et à San Martin de Los Andes, stations chics d’Argentine (à la hauteur de Temuco et Osorno), tout près de la frontière chilienne, qu’ils sont allés tendre les bâtons à leurs rivaux de toujours. Avec cette question à haut risque: que pensent les Argentins des touristes chiliens qui les envahissent ? Le résultat est mitigé. Deux points positifs: on apprend que les Chiliens se défont peu à peu de leurs mauvaises habitudes d'emporter les peignoirs de bain des hôtels et les couverts d’avion. Ils seraient même moins arrogants qu’autrefois. Par contre, à Bariloche, comme à San Martin, leur tendance à marchander sur tout est légendaire, même s’ils débarquent avec d’énormes 4X4, chez les voisins dont les propres voitures, sont souvent des antiquités. Une hôtelière a ainsi raconté aux journalistes l’histoire de cette famille qui a négocié sans succès pour... 3 dollars, cherché en vain un hôtel moins chers tout l’après-midi, pour finalement partir le lendemain en quête d’une meilleure affaire. Bilan: deux demi-journées de vacances perdues. Selon les professionnels du secteur, les Chiliens détiennent le record du temps passé à chercher à se loger. Pour jeter leur dévolu sur les moins de trois étoiles. Depuis un an pourtant, il paraît qu’ils se permettent plus de luxe. "Les petits cousins pauvres", c’est fini. Le change est largement favorable, mais la mentalité demeure.
Organisation Certains voient une grande différence d’habitude du voyage, par rapport aux Européens: ceux-ci réservent leurs hôtels, louent les services de guides et semblent mieux savoir ce que l’on peut attendre pour un certain prix. À Bariloche, on aime bien les Chiliens quand même; ils viennent faire du shopping, contrairement aux Européens ou aux Argentins qui visitent seulement. En plus, ils sont plutôt bien élevés et corrects. Cependant, le personnel ne s’attend pas à des amabilités; Les Chiliens ne sont pas affables avec les serveurs ou les vendeurs. Mélange d’austérité, de froideur et de classicisme, rapporte le journal, avec une tendance certaine (seul défaut vraiment chilien?) à l'auto-dévaluation. Sophie ROUCHON. (www.lepetitjournal.com Santiago) lundi 5 mars |