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Tiré d’un fait divers sanglant, Ciudad del Silencio met en lumière les meurtres des ouvrières de Ciudad Juaréz (Mexique) qui se succèdent depuis 1993, en toute impunité. L’authenticité qui s’en dégage empêche la fiction de sombrer dans le pur film d’action.
 Jennifer Lopez et Antonio Banderas à l'affiche de Ciudad del silencio Lauren (Jennifer López), une journaliste carriériste de Chicago est envoyée à Ciudad Juaréz pour décrocher le scoop qu’elle convoite depuis toujours. Elle doit enquêter sur le féminicide qui se produit dans cette ville depuis 1993. Des centaines d’ouvrières des maquiladoras ont disparu, et près de 400 ont été retrouvées dans le désert qui fait frontière avec les États-Unis. Face à l’inertie des pouvoirs publics, les familles ont à charge de retrouver les leurs, sommairement enterrées, violées et sauvagement mutilées. Avec Diaz (Antonio Banderas), son ancien collaborateur et rédacteur en chef du Sol de Juaréz, elle va à la fois enquêter sur ces crimes et protéger une survivante, Eva. Pour le réalisateur, cette histoire de faits divers est l’occasion de développer plusieurs des hypothèses qui entourent les crimes de Ciudad Juarez, entre trafic d’organes, prostitution, cartel de la drogue et corruption politique.
Un parti-pris dénonciateur Ciudad del Silencio se retrouve à mi-chemin entre la grosse production hollywoodienne et le film résolument engagé. Le réalisateur Gregory Nava, touché par cette tragédie, avait mené des investigations préalables aux côtés des ONG et médias locaux. Quant à Jennifer López, également productrice, elle se présente aujourd’hui comme le porte-parole de ces femmes oubliées. Elle a d’ailleurs reçu le prix Amnesty International le 14 février dernier lors du festival du film de Berlin. On pourra regretter les digressions romancées et les ficelles didactiques qui décrédibilisent quelque peu le message du film. D’autres s’insurgeront d’avoir vu un rôle aussi grave confié à une star du RNB. Toutefois, avec ses grands airs, Jennifer López nous renvoie l’air de rien à notre propre indifférence, et elle nous accompagne vers la prise de conscience progressive dont le film s’est voulu le moteur. La prestation de l’actrice mexicaine Sonia Braga (dans le rôle d’Eva) est poignante, le décor et l’ambiance de la ville frontière criants d’authenticité. Le sujet même de Ciudad del Silencio, son authenticité, justifie à lui seul le déplacement. Caroline RODRIGUEZ. (www.lepetitjournal.com- Madrid) vendredi 2 mars 2007 Ciudad del Silencio - Sortie le 23 février Titre original: Borderown, 2006 Réalisé par: Gregory Nava Avec Jennifer López, Antonio Banderas, Sonia Braga, Maya Zapata, Kate Del Castillo… États-Unis – 113 min Pour les horaires et les salles voir Esmadrid |