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PORTRAIT - Tiken Jah, le reggae au poing levé |
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| Ecrit par Herve HEYRAUD,
le 30-05-2005 23:00
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Avec son sixième album Coup de gueule, le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly connaît un succès qui dépasse les frontières de l’Afrique. Grâce à des textes engagés, il touche le public français
La liberté de ton de Tiken Jah Fakoly bouscule les esprits. (Photo : AFP)
L’Afrique n’est jamais bien loin avec Tiken Jah. Elle se trouve sous la forme d’un pendentif attaché dans ses locks, comme sur la pochette de son dernier album, ou dans les paroles de ses chansons. Artiste ivoirien, Tiken Jah Fakoly, ne cesse de chanter l’Afrique et de mettre le doigt là où ça fait mal, en abordant la corruption ou le désintérêt du monde à l’encontre du continent noir.
Ses textes sont limpides, sa musique, un reggae sobre et puissant, qui fait le lien entre la Jamaïque et l’Afrique. Coup de gueule, son dernier opus en est un bel exemple : Tiken Jah Fakoly y dénonce tour à tour l'impérialisme américain (Tonton d'America), le partage de la planète par les grandes puissances (Plus rien ne m'étonne) ou s’adresse directement aux dirigeants indéboulonnables (Quitte le pouvoir).
Conscience et combats
Avec pour ambition de réveiller le continent africain, Tiken Jah jouit d’une liberté de ton rare parmi les artistes de reggae et qui lui vaut souvent s’être comparé à son aîné, Alpha Blondy. Revers de la médaille : son discours musclé s’accompagne de pressions et menaces. En effet, l’artiste qui vit aujourd’hui en exil au Mali, soutient que certains de ses titres ne passent pas en radio à la demande du Quai d’Orsay — ce que le ministère dément formellement.
Malgré ces aléas, le public de Tiken Jah n’a cessé de croître. Découvert en France en 1997 avec l’album Mangercratie, le chanteur a tapé dans l’œil de la maison de disques Barclay, avec laquelle il a collaboré pour l’album Françafrique. Récompensé d’une Victoire de la Musique en 2003, l’artiste est aujourd’hui largement reconnu. Preuve de son succès : un concert à guichets fermés au Zénith de Paris le 29 avril dernier, où un public de jeunes noirs, blancs et beurs scandaient ses paroles, le poing levé, pour une Afrique plus démocratique…
Aurélie MAYEMBO. (LPJ) 31 mai 2005
Voir aussi
Le site officiel du chanteur
Fiche artiste TV5
Grioo, « Ensemble, nous pouvons être une force »
Novaplanet, Tiken Jah censuré par le Quai d’Orsay
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