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INTERVIEW - Dorina Nastase, experte en relations internationales Suggérer par mail
lundi 26 février 2007

Alors que Londres vient d’annoncer une réduction de son contingent en Irak, le Président Traian Basescu a confirmé jeudi le maintien des troupes roumaines sur le sol irakien. Dans une interview accordée à Lepetitjournal.com, Dorina Nastase, experte en relations internationales et présidente du Centre roumain d’études de la mondialisation (CRSG) analyse la politique étrangère de la Roumanie

Dorina Nastase (photo LPJ)

Comment expliquez-vous les avis contradictoires de l’exécutif roumain concernant le maintien des troupes en Irak?
D’un côté le Président annonce qu’il compte maintenir les troupes en place, de l’autre le Premier ministre demande le retrait du contingent. Les deux institutions font des erreurs de communication en n’expliquant pas de façon argumentée leur position respective. Le débat sur le retrait ou non des soldats roumains en Irak est empli de malentendus. Le Premier ministre tient compte du fait que la présence militaire en Irak est désormais mal vue sur la scène internationale alors que la présidence écoute la majorité des Roumains pro-américaine.
 
Quel est l’intérêt pour la Roumanie de soutenir les États-Unis dans la guerre en Irak?
Certains hommes politiques privilégient l’alliance américaine à travers l’Otan, d’autres une réelle intégration européenne. Les pro-Américains montrent du doigt l’absence de politique de sécurité commune dans l’Union européenne et la menace toujours potentielle de la Russie. Pour eux, l’Otan apporte plus de garantie en termes de défense et de sécurité.

Quel rôle joue le Conseil supérieur de la défense du pays (CSAT) dans la définition de la politique étrangère?
Le CSAT est une institution copiée en partie sur le National Security Council des États-Unis. Composée du Président, du Premier ministre, des ministres ayant des compétences en politique étrangère et des services secrets, c’est une sorte de deuxième gouvernement mal contrôlé qui peut prendre des décisions de façon indépendante.

Le Parlement n’a donc pas son mot à dire?
Ces dernières années, le Parlement a gagné en pouvoir en ce qui concerne la politique étrangère du pays. Par exemple, le Parti national libéral (PNL), le parti du Premier ministre, est en train de faire passer une loi pour que le Parlement ait davantage son mot à dire concernant l’envoi de soldats à l’étranger. De même, la création d’une commission de politique étrangère au Sénat, copiée sur le modèle des États-Unis, permettra l’audition d’experts sur la question. Les désaccords sur l’Irak auront au moins eu le mérite de faire avancer la démocratie au sein de certaines institutions en Roumanie.
Propos recueillis par Marianne RIGAUX. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) lundi 26 février 2007
Photos: MR

 
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