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RETRO - Caroline chérie nous quittait il y a quarante ans Suggérer par mail
jeudi 08 mars 2007
Actuellement on ne se souvient guère de Martine Carol dont la beauté cependant, illumina la France de l’après-guerre. Née Marie-Louise Jeanne Nicolle Mourer, à Saint-Mandé le 16 mai 1920, elle s’est d’abord essayée au théâtre, puis suivront pendant la guerre quelques films où elle tiendra de petits rôles auprès de Pierre Fresnay ou Raimu. Mais c’est Caroline chérie, le film de Richard Pottier en 1950, qui lui assurera la célébrité, sa séduction convenant parfaitement à cette adaptation cinématographique des romans de Cécil Saint-Laurent, par ailleurs prix Goncourt 1971 pour les Bêtises sous son vrai nom de Jacques Laurent.

Le réalisateur Christian-Jaque, son second mari lui confie des rôles où sa plastique fera merveille. Elle tourne avec les cinéastes en vogue à l’époque: Gilles Grangier, André Berthomieu, André Cayatte ou André Hunebelle mais aussi les plus grands noms Henri Decoin, Max Ophüls, Abel Gance, Terence Young, Vittorio De Sica, Roberto Rossellini ou René Clair et auprès de Gérard Philippe, Raf Vallone, Charles Boyer ou Vittorio Gassman. Quelques titres de ses films qui déplaçaient les foules en ces années-là: Lola Montés, Les Amants de Vérone, Méfiez-vous des blondes, Les Belles de nuit, Le passager clandestin, Madame du Barry ou Nathalie, agent secret.

Mais la naissance de la Nouvelle vague lui fut fatale, sans parler de l’apparition de Brigitte Bardot, autre conception de la séduction dans une France qui a évolué. C’est pour elle la fin, bien involontaire, de sa carrière. Un dernier film, L’Enfer est vide de John Ainsworth et Bernard Knowles en 1966, demeuré inédit en France et terminé après sa mort. Très sentimentale, fragile, elle sombre dans la dépression avec son cortège de médicaments. Son quatrième mari, l’homme d'affaires anglais Mike Eland, la découvre morte à 2h30 du matin, le 6 février 1967, dans sa chambre de l'Hôtel de Paris à Monte-Carlo. Une crise cardiaque officiellement, mais on parle aussi de suicide. Elle fut inhumée au cimetière du Père Lachaise. Le bruit ayant couru qu’elle avait été enterrée avec ses bijoux, sa tombe fut profanée et l’on transféra ses restes au cimetière du Grand Jas (carré n°3) de Cannes.
Colette DEHALLE. (www.lepetitjournal.com - Monaco) mercredi 7 mars 2007
 
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