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CINEMA – «Borat» décroche enfin son visa pour le Brésil Version imprimable Suggérer par mail
mercredi 21 février 2007
Le film Borat, sous-titré «leçons culturelles sur l’Amérique, au profit glorieuse nation Kazakhstan» est à l’affiche demain dans les cinémas paulistas. L’humour est-il universel ? C’est la question que se pose le personnage éponyme en débarquant aux Etat-Unis. C’est aussi la question que les producteurs se sont posée avant de lancer au Brésil cette comédie-événement qui dérange.

Borat, alias Sacha Baron Cohen, auteur et acteur principal du film, aura marqué l’industrie du cinéma en 2006 : une semaine après sa sortie début novembre aux États-Unis, il était classé numéro 1 au box-office, et le nombre des copies a dû être multiplié par 3. En France, et en Europe, le film a fait des milliers de fans. Le personnage de Borat est d'abord apparu à la télévision anglaise, en 1995. Comme tous les étrangers, Borat, aura mis du temps à déclarer résidence au Brésil. CPF, RNE, RG… ? En plus de remplir les formalités, les producteurs ont pris des précautions. Fin novembre, une étude «in vivo» a réuni un public de moins de 30 ans, pour leur demander, scène par scène, leurs réactions. Trois mois après, alors que la polémique internationale s’est tarie (le Président Kazakh s’est insurgé contre le film, les faux-vrais figurants ont intenté un procès), le public brésilien peut enfin apprécier le film dans un contexte plus «apolitique». A la sortie de l’avant première, les spectateurs sont unanimes : l’humour explosif de Borat fait le bonheur de tous…
Une comédie burlesque
Avec sa moustache, sa grande taille qui le rend un peu gauche, et son éternel costume, Sacha Baron Cohen a des allures de Charlot. Journaliste à la télévision au Kazakstan, Borat vit joyeusement dans une misère économique et cultuelle – qui ne prétend aucunement représenter le véritable pays, preuve en est, s’il en faut, que le second rôle campé par Ken Davitian, parle sa langue maternelle, l’arménien, tandis que Borat parle du n'importe quoi inspiré de l'hébreu. Débarqué d’un monde clôt, il fait l’effet d’un extra-terrestre gentil dans le monde occidental, où il est parti réaliser un reportage sur les us et coutumes locaux. Le film Ovni, mélange les genres : documentaire, road movie, burslesque. Borat va rencontrer toutes sortes de personnages – pardon, de vraies personnes- de l’Amérique, qui montre les Etats-Unis sous un angle à peine moins folklorique que son village natal. Comme dans le monde de Kusturica, la poule, l’ours, et les musiciens débarquent en fanfare, avec course-poursuite et cavalcades à la clé. Un monde où les rapports humains sont tendus : les femmes traitées en esclaves ou en prostituées, les hommes s’embrassent entre eux mais l’homosexualité est honnie, le racisme soude le peuple. Euh, en fait, pas si différents que chez nous. Juste poussé à l’extrême. Vices et turpitudes s’entrechoquent sans tabou : inceste, scatologie, voyeurisme, exhibitionnisme… Impossible de ne pas mettre mal à l’aise. Borat nous dépouille couche par couche de tous les apparats culturels. Alors, on rigole. Et même à grands éclats, à gorge déployée. C’est too much ? Certainement bien plus encore.
LB (www.lepetitjournal) 22 février 2007
 
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