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Polémique dans les rangs de la CDU (chrétiens-démocrates) : la ministre de la famille Ursula von der Leyen veut pourvoir massivement l'Allemagne de crèches pour les enfants. La proposition se heurte à la frange conservatrice du parti, qui voit son identité menacée 
Ursula von der Leyen, © Bundesministerium für Familie, Senioren, Frauen und Jugend
Quelle est la place de la mère de famille? À la maison, avec les enfants, ou au bureau, pendant que les petits sont à la crêche? Pour Ursula von der Leyen, ministre de la famille et mère de sept enfants, la réponse est claire : les mères doivent avoir le choix. Elles doivent donc pouvoir déposer leurs enfants à la crêche, s'il leur prend l'envie (ou le besoin) de vouloir exercer une activité professionnelle. La semaine dernière, la ministre de la CDU (chrétiens-démocrates) avait proposé un vaste plan visant à ce que le nombre de places en crèche soit triplé d'ici 2012. Le nombre total de ces places devait ainsi se porter à 750.000, ce qui représente une prise en charge de 35% des enfants, contre 12% aujourd'hui. La proposition ne paraît pas révolutionnaire. Pourtant, elle se heurte à une opposition acharnée de la frange conservatrice du propre parti de la ministre. En particulier la section bavaroise, la CSU, critique la remise en cause du modèle familial traditionnel allemand, selon lequel la place de la mère est à la maison, auprès des enfants. .
La RDA : un modèle gênant Au lieu d'aider les femmes à concilier travail et famille, il faut "soutenir les parents qui restent à la maison", a déclaré Günther Beckstein, ministre de l'Intérieur du Land de Bavière. "Ce n'est pas forcément ce qu'il y a de mieux pour l'enfant que de le confier dès 12 mois à des mains étrangères", estime Steffen Flath de la CDU. Quant à l'évêque d'Ausburg Walter Mixa, il a déclaré que la construction de jardins d'enfants réduisait la femme à un rôle de "machine à procréer", ce qui a provoqué un véritable tollé en Allemagne. Sans compter que le débat brise un autre tabou: celui de l'héritage de la RDA. Les nouveaux Länder de l'Est sont beaucoup mieux pourvus en crèches et garderies que leurs riches confédérés de l'Ouest : alors que plus de 20% des enfants y auraient une place, moins de 5% pourraient être pris en charge dans les anciens Bundesländer. Prendre exemple sur l'Est, camouflet suprême pour ceux qui, comme Ramsauer, dénoncent la "social-démocratisation" de la droite allemande. Et les journaux lorgnent d'un oeil attentif sur la France, avec ses écoles maternelles, son record de naissance de 2,07 enfants par femme, et sa candidate Ségolène Royal proposant un "service public de la petite enfance"... Raphaël COTTIN (www.lepetitjournal.com - Berlin) - lundi 26 février 2007. |