|
ROMAN - De Kaboul à San Francisco, and back |
|
| Ecrit par Herve HEYRAUD,
le 26-05-2005 23:00
|
|
Les cerfs-volants de Kaboul est un roman inoubliable sur les notions de lâcheté et de remords. Il s’articule autour d’une enfance afghane presque heureuse, un exil américain marqué par la figure du père, puis un retour dans l’Afghanistan des talibans
Trois parties, trois bonheurs littéraires.
« Je suis devenu ce que je suis aujourd’hui à l’âge de 12 ans, par un jour glacial et nuageux de l’hiver 1975 ». Ainsi démarre Les cerfs-volants de Kaboul, le premier roman de Khaled Hosseini qui, après avoir fait un tabac aux USA, vient d’arriver en France.
Pendant la centaine de pages qui constituent le récit de l’enfance d’Amir, le narrateur, et qui mènent inexorablement à la journée maudite, on découvre une Kaboul riche, joyeuse et multiculturelle.
Six ans plus tard, Amir et son père quittent clandestinement l’Afghanistan pour s’installer à San Francisco. Traitant de l’exil, cette seconde partie raconte le choc des cultures et la reconstitution d’une communauté afghane en Amérique. Elle se termine sur le mariage d’Amir et l’enterrement de son père.
Aussi bon que John Irving
C’est alors que Kaboul et ses douloureux souvenirs se rappellent à Amir devenu romancier, en la personne de l’ancien associé de son père qui lui demande de venir le voir au Pakistan. Il existe un moyen pour Amir de se racheter : retourner au pays chercher un enfant. La dernière partie se situe en juin 2001, dans le Kaboul des talibans.
Khaled Hosseini, lui-même réfugié politique aux Etats-Unis, écrit cette chronique afghane… à l’américaine. Avec la même verve qu’un John Irving, son style implacable fait des Cerfs-volants de Kaboul un roman inoubliable. En mêlant l’histoire tourmentée de l’Afghanistan au destin rongé d’un petit garçon, Hosseini explore l’aventure humaine avec une générosité rare.
Betty RUBY. (LPJ) 27 mai 2005
Les cerfs-volants de Kaboul, Khaled Hosseini, Belfond, 384p, 20€
Également en librairie — Mon père est un petit bicot, Sonia Moumen (Gallimard) : Il n’y a pas que le titre de génial dans ce premier roman qui dresse le portrait d’une fille d’aujourd’hui via les figures du père, de l’amant et du fils. Aussi brefs qu’enjoués, les chapitres défilent au rythme de phrases toniques du style « Mon amant a toujours ressenti un net agacement à l’encontre des légumes ». Le genre de livre qu’on aimerait ne jamais voir finir. Encore ! — La vie mélancolique des méduses, François Léotard (Grasset) : Contrairement à ce que pourrait faire penser le titre de son dernier ouvrage, ce n’est pas parce qu’il a quitté la politique que l’ancien ministre de la Défense est devenu badin. La nouvelle mission de Jean Bardin, espion (une méduse dans le jargon), est d’éliminer un général serbe qui risquerait de révéler ses relations occultes avec la France. Noir de chez noir. — De contrebande, Alain Gluckstein (Seuil) : Ses phrases durent parfois une éternité, et il fait dévier en permanence le cours de sa narration. Néanmoins, Alain Gluckstein livre un truculent roman sur les tribulations d’un juif parisien aussi drôle que s’il était new-yorkais. Malgré les éditeurs et les paumés qu’il côtoie, Elie Berrebi, qui souffre d’un complexe d’abandon, est à mourir de rire. Il faut s’accrocher, mais ça vaut la peine. (LPJ — 27 mai 2005)
|