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VIOLENCES D'OCTOBRE - Le rapport Gönczöl partage les responsabilités |
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| Ecrit par BUDAPEST,
le 22-02-2007 00:00
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La commission Gönczöl chargée de faire la lumière sur les évènements qui ont secoué la Hongrie au mois d’octobre a rendu public son rapport le 6 février Le 23 octobre dernier à Budapest (photo LPJ)
Gönczöl Katalin, présidente de la commission composée de magistrats, professeurs, sociologues et de hauts gradés de la police, avait d’emblée précisé que "le travail n’est pas de désigner des coupables mais d’analyser ce qui s’est passé". Le rapport prend donc en compte la complexité des processus ayant conduit à une situation quasi-insurrectionnelle, en étudiant ses dimensions psychologiques, sociologiques et historiques. Il défend la thèse que "soixante années de brimades, d’humiliations et de frustrations ont explosées l’automne dernier". Les groupes violents d’extrême-droite, qui ont transformé les manifestations en émeutes, seraient, selon cette thèse, les héritiers d’un XXe siècle dont la Hongrie n’a pas encore digéré l’histoire. Qui est responsable ? Les résultats présentés dans ce rapport sont assez consensuels, chaque partie se voyant attribuer des responsabilités ayant conduit à une situation violente. Le Premier ministre Ferenc Gyurcsany et son gouvernement sont responsables, outre son discours à l’origine du mouvement de protestation, de n’avoir pas pris la mesure de l’offense occasionnée et de ne pas avoir présenté d’excuses au peuple. Le rapport pointe aussi du doigt le mauvais usage de la force par la police à l’encontre des manifestants mais la police n’est pas totalement mis en cause car, toujours selon le rapport, les bavures ont été limitées. Des propositions sont faites pour améliorer la législation, qui dans l’état actuel ne permet pas à la police de gérer de manière satisfaisante une situation d’émeute. La préfecture de police de Budapest a refusé de commenter ces conclusions. La Fidesz a-t-elle "joué le 3e tour dans la rue" ? Selon ce rapport, si la Fidesz de Viktor Orban ne peut être tenue pour directement responsable des violences commises lors des manifestations, elle a créé un terreau favorable à leur développement en radicalisant son discours. Elle a aussi continué d’encourager les gens à aller manifester alors même que de violents affrontements opposaient la police à des émeutiers. La Fidesz ayant connu deux défaites successives aux présidentielles, en 2002 et 2006, a pu être tentée de prendre sa revanche dans la rue. La Fidesz a par ailleurs profité de la parution de ce rapport pour réitérer son opposition aux barrières placées le 23 octobre dernier tout autour de la place Kossuth, jouxtant le Parlement hongrois. Selon elle, le document prouve que les barrières de la place Kossuth sont "inutiles" et "injustifiées". Ce "rideau de fer" va à l’encontre du droit des personnes à manifester à déclarer Róbert Répássy, leader de la fraction Fidesz. La complexité des résultats présentés par la commission Gönczöl peut décevoir du fait qu’elle empêche de désigner un responsable de manière irréfutable, renvoyant chaque partie à ses responsabilités…. et à ses contradictions.
Corentin LEOTARD (www.lepetitjournal.com – Budapest) jeudi 22 février 2007
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