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49 attaques coordonnées ont frappé l’extrême sud de la Thaïlande dans la nuit de dimanche à lundi, faisant neuf morts et 44 blessés. Trois personnes auraient été tuées par des tirs et six par des explosions. Alors que le gouvernement veut relancer le dialogue, la montée de violence dans le sud s’accentue La présence d’une dizaine de milliers de soldats répartis dans les trois provinces de l’extrême sud, pas plus que la politique de dialogue du gouvernement n’empêchent la montée des violences (Photo Thierry Falise www.thierryfalise.com) En quelques heures seulement, 33 attentats à la bombe, 14 incendies criminels et au moins deux fusillades ont fait neuf morts et 44 blessés, selon les autorités, entre dimanche soir et lundi matin dans l'extrême sud de la Thaïlande. Des attentats qui coïncident étrangement avec les célébrations du nouvel an lunaire, selon Bangkok, qui attribuait hier les attaques sanglantes à des séparatistes islamistes. L'armée a en effet affirmé que ces violences visaient des cibles bouddhistes pour l’essentiel. Parmi les endroits touchés, il y a notamment des bars à karaoké, une station essence, un grand magasin et une centrale électrique dont l’arrêt durant environ une heure a plongé la ville de Pattani dans le noir. Ces attaques de dimanche et lundi interviennent alors que Bangkok tente de relancer le dialogue avec certains groupes rebelles. Vendredi dernier, le Premier ministre thaïlandais avait même accepté l'offre de collaboration de la Malaisie pour ouvrir de nouveaux pourparlers, idée pourtant rejetée en bloc jusque là par le pouvoir thaïlandais. Malgré et à cause de la politique de dialogue La politique de la main tendue, instaurée depuis le mois d’octobre par le Premier ministre nommé par la junte, avait permis de regagner la confiance d’une bonne partie de la population (voir notre article du 13 février). Mais on a pu observer dans le même temps un durcissement d’une partie des insurgés séparatistes semblant appartenir à une mouvance radicale islamiste locale. En effet, les violences continues qui minent les trois provinces de l’extrême sud depuis trois ans et qui ont déjà fait près de 2.000 morts, sont plus nombreuses que jamais et les attaques tendent à devenir plus barbares. Le noyau dur de la guérilla, qui rejette toute offre de négociation avec Bangkok, semble donc vouloir durcir encore le ton. Toutefois, les autorités n’ont pour l’heure apparemment pas identifié de façon précise les auteurs de ces attentats. Militaires et dirigeants locaux avaient averti la semaine dernière d’une possible recrudescence de violence pendant les célébrations du nouvel an chinois, mais ont malgré tout été impuissants à prévenir ces attaques. L'armée craint de nouveaux actes de ce types durant les fêtes bouddhistes à venir, notamment Songkran, le nouvel an bouddhiste qui a lieu à la mi-avril. Pierre Queffélec (www.lepetitjournal.com Bangkok) 20 février 2007 |